XLII STENDHAL ET ROSSINI
d'articles de journaux, de critiques, de polémiques de presse, on n'avait écrit aucun ouvrage d'ensemble sur Rossini. Or, ce n'est pas commettre un plagiat que de se servir de documents imprimés ou manuscrits pour écrire un livre d'histoire.
Au reste, l'élément biographique dans la Vie de Rossini se réduit à peu de chose : date de naissance, famille, études, débuts, date des premières représentations..., tout cela pourrait être résumé en une note de vingt lignes pour un dictionnaire. Il y avait certainement en Italie, parmi les amis de Beyle, au moins une douzaine de personnes en mesure de lui procurer ces quelques renseignements. Tout le reste de l'ouvrage est occupé par les analyses des opéras, des anecdotes et des considérations esthétiques, politiques, morales, critiques, philosophiques, littéraires, etc. Les sources imprimées de la Vis de Rossini sont donc insignifiantes.
On trouve ça et là, dans la Vie de Rossini^ des passages qui donnent l'impression d'être adaptés de l'italien, par exemple : la dissertation technique sur le chant, au chapitre xxxiii ; mais Beyle s'est-il contenté de traduire et d'adapter quelques pages d'un livre ou bien s'est-il servi d'une note rédigée à son intention par un ami complaisant ? Il est dii&cile de le dire. Beyle a tenu lui-même à signaler le caractère collectif de son œuvre. Ce n'est pas son avis personnel qu'il donne d'un bout à l'autre de l'ouvrage, mais l'opinion, mais les opinions.