XII STENDHAL ET ROSSINI
rivaux que Mozart et Cimarosa, jamais Beyie ne se fût départi de sa dédaigneuse attitude à son égard. Mais il n'en était pas ainsi. Si, en France, on acceptait difficilement les nouveautés, si Ton demeurait désespérément fidèle aux œuvres qui avaient su plaire, en Italie, tout au contraire, on se désaffectionnait des opéras anciens pour la seule raison qu'on les avait trop longtemps applaudis. Cimarosa, Paesiello, n'étaient plus à la mode. Mozart n'était goûté que d'une poignée de dilettanti. Sa musique paraissait obscure, savante, d'une sombre violence. On l'admirait plus qu'on ne l'aimait. Simon Mayer, Paer, Fioravanti, Guglielmi, Generali, Mosca, Ânfossi, tenaient l'affiche. Ce furent eux qui réconcilièrent Stendhal avec Rossini. Auprès de Mozart, le nouveau venu semblait petit ; auprès de Paer, c'était un géant.
Après le vide, l'interminable ennui d'un opéra de Simon Mayer, son style emphatique, sa grosse gaieté de a bonhomme sans esprit », la musique de Rossini apparaît à Beyle radieuse de jeunesse. Le compositeur a jette à pleines mains les idées nouvelles ; tantôt il réussit, souvent il manque son objet. Tout est entassé, tout est pêle-mêle, tout est négligence ; c'est la profusion et l'insouciance de la richesse sans bornes ». Musique <c faite avec rien », légère, vaporeuse et subtile, véritable étoffe magique tissée de rayons de soleil. Vous étouffiez en écoutant un opéra du cuistre germa-