‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilettante;Chapitre 41 sur 87 · PRÉFACE XLIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XLIX

d'une forme nouvelle, naît sous les doigts de fée de l'adroit artisan. Car Stendhal est adroit infiniment, en dépit de ses continuelles gaucheries. Relever ses incorrections, ses répétitions, ses redites, ce serait faire comme ces gens dont il se moque, qui reprochent à Rossini ses négligences. Qu'importent des transitions banales, des plates cadences, des développements écourtés s'il y a dans l'opéra une dizaine de morceaux éblouissants, écrits avec verve et sensibilité. Il n'est pas de chapitres de la Vie de Rossini où ne fleurisse une pensée, une phrase, une expression qui, à elle seule, ne vaille tout un long ouvrage au style châtié et châtré.

Stendhal ne donne jamais l'impression de s'efforcer, mais de se jouer. Il écrit « pour se désennuyer le matin s et le « métier d'auteur » lui inspire un profond dégoût. Il dit ce qui lui passe par la tête, ce qu'il croit, sans se soucier de rencontrer, ni de blesser l'opinion d'autrui. En fait, il se plaît à l'émoustiller. Il ne se targue pas d'impartialité. Ce peut être une belle qualité pour l'historien, mais dans les arts, elle est « comme la raison en amour, le partage des cœurs froids ou faiblement épris ». Il dit ce qu'il pense, sans croire le moins du monde à sa propre infaillibilité. Il ne prétend pas que ses jugements fassent loi. Lui sent ainsi, mais il admet fort bien que d'autres soient impressionnés différemment par les mêmes œuvres. Il ne leur demande que d'être sincères et de ne pas feindre

Rossini I.. d

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