‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilettante;Chapitre 45 sur 87 · PRÉFACE LVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE LVII

l'auteur de Tancredi et de Vltaliana in Algerù D est bien difficile de le juger d'après l'adaptation irançaise du Barbier de SéifiUe qu'on nous donne à rOpéra-Comique et combien sont ceux qui peuvent, en France, se vanter d'avoir parfaitement entendu chanter par une troupe italienne il Barbière di Siviglia ? Ceux qui ont pris la peine, ou plus exactement ceux qui ont eu le plaisir d'étudier l'œuvre de jeunesse de Rossini, ne pourront qu'admirer la sévère équité du jugement de Stendhal : « Vif, léger, piquant, jamais ennuyeux, rarement sublime, Rossini semble fait exprès pour donner des extases aux gens médiocres. Cependant, sur* passé de bien loin par Mozart dans le genre tendre •et mélancolique et par Cimarosa dans le style comique et passionné, il est le premier pour la vivacité, la rapidité, le piquant et tous les efiFets qui en -dérivent. »

A certains, ce jugement apparaît surprenant.

Hé quoi ! est-ce là tout ce que Stendhal trouve à louer chez un auteur dont il nous a entretenus durant plus de cinq cents pages ? a Vify léger^ piquant, jamais ennuyeux... », un artiste qui n'est que cela, mérite-t-il d'occuper si longtemps l'at* tention ? C'est que pour Stendhal, c'est déjà beau- -coup que de n'être jamais ennuyeux. Lorsqu'on ne peut atteindre aux sommets d'un Mozart ou d'un Beethoven, lorsqu'on ne peut dispenser aux hommes l'émotion profonde, la joie sereine, c'est déjà beau-

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