AVANT-PROPOS
Nous ne possédons aucun document relatif à la publication de la Vie de Rossini en dehors des lettres que nous avons citées dans la Préface, n n'existe à Grenoble, au témoignage de M. Débraye, l'éminent archiviste stendhalien, aucun papier se rapportant à cet ouvrage. Aucun compte de libraire n'a pu être retrouvé et l'annonce de la Vie de Rossini ne fut même pas insérée au Journal de la Librairie. Le seul exemplaire annoté de la main de Stendhal et qui est la propriété du comte Joseph Primoliy à Rome, ne contient que trois brèves indications de médiocre intérêt.
Nous ignorons combien rapporta à Stendhal la publication de la Vie de Rossini tant en Angle* terre qu'en France. Il est indéniable que l'ouvrage se vendit bien, car on le trouve cité et commenté 4ans nombre de livres et d'opuscules contemporains. Ce fut peut-être du vivant de Stendhal,
avec Rome^ Naples et Florence, Touvrage qui eut le plus de diffusion.
La Vie de Rossiniy par M. de Stendhal, parut en 1824, nous ignorons à quelle date précise, mais sans doute vers le mois de mai, chez Auguste Boulland et Compagnie, libraires à Paris. Elle était ornée des portraits de Rossini et de Mozart et portait en épigraphe cette parole de Socrate dans les Nuées d'Aristophane : Laissez aUer voire pensée comme cet insecte qu*on lâche en Vair avec un fil à la patte.
Désireux de faire croire à l'épuisement rapide de la première édition, Beyle fit tirer un carton du titre avec la mention Seconde édition. Les exemplaires de cette pseudo seconde édition (1824) sont fort rares et ceci explique que la plupart des bibliophiles stendhaliehs l'aient ignorée. Au reste elle ne diffère de la précédente que par le titre qui contient une faute d'impression : Vie de Rosini (sic), la mention Seconde édition et l'insertion entre la Préface et l'introduction de deux feuillets pagiLés en chiffres romains ix, x, xi et xii. La Notice sur la Vie et les Ouvrages de Mozart qui occupe ces quatre pages et que nous donnons en appendice est imprimée en petit corps avec de faibles interlignes.
Nous n'avons pas trouvé trace de cartons dans^ les exemplaires que nous avons examinés, pourtant plus d'un passage eût été de nature à attirer à l'auteur et à l'éditeur les rigueurs de la censure»