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Journal de Paris, 8 juin

NOTES d'un dilettante 425

On ne peut blâmer dans la voix d'ailleurs très étendue de M°^® Pisaroni que deux ou trois notes dont l'accent un peu guttural semble destiné plutôt à imiter le son du cor qu'à chanter. Gomme les Marchesi, comme les Velluti, comme tous les excellents chanteurs, M°^® Pisaroni fait beaucoup trop d'ornements, et souvent étouffe la pensée du compositeur sous le luxe des fioriture. Mais le public se laisse éblouir par ce luxe, et semble y trouver beaucoup de plaisir.

Samedi, nous verrons M^^ Pisaroni dans le rôle de Malcolm de la Dame du Lac^ où elle rétablira le grand air : 0 quante lagrime I que M^^ Pasta y avait pris pour le placer dans Otello. Rien ne peut être plus curieux que de comparer les moyens, absolument différents, par lesquels ces deux grands talents rendent les mêmes phrases de chant. Depuis que l'on est accoutumé à ce qui peut manquer à la débutante sous le rapport des avantages extérieurs, la comparaison de son talent avec celui •de M°^® Pasta est le thème obligé de toutes les conversations du foyer. Rien au monde n'aurait été plus agréable que d'entendre le duo du second acte, entre Sémiramis et Arsace, chanté par ^mes Pasta et Pisaroni. C'est alors que nous pourrions dire avec vérité : Aucun théâtre ne peut être comparé à celui de Paris *.

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