‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 110 sur 122 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

« Açec le temps, Rossini est devenu paresseux en son art. et cela, a nui quelque peu à sa gloire. Dans ses dernièrespartitions on trouve au plus une ou deux idées originales, le reste consiste en variations sur des idées anciennes.. Le manque de nouveauté dans une musique, par ailleurs si magnifique, est un grave défaut qui choque dans cet. opéra. Une partie du public milanais, cest-à-dire la partie de ce public capable de raisonner et de juger, manifesta son opinion lorsque Rossini écrivit à Milan la Gazza ladra. Ce nouvel opéra rencontra à vrai dire un accueil des plus favorables auquel contribua beaucoup le talent de la Belloc, de Galli, d' Ambrosi, mais après le premier moment d^ enthousiasme, lorsquon jugea la musique de sang-froid, on la trouva trop bruyante et trop remplie de mouvements de walz dans les scènes les plus émouvantes et les plus terribles.

Les partisans de Rossini regardent au contraire comme un mérite le fait d^ avoir atténué V effet terrible des paroles au moyen d'une musique légère. Ils ajoutent que par exemple Mozart aurait composé la Gazza ladra d'une manière si pathétique que ceût été une souffrance que de V entendre. En dépit de tout cela, la cavatine Di placer mi balza il cor est digne de Cimarosa. On peut en dire autant de la prière : Nume benefico, etc. »

Il me semble que le journaliste anglais ici ne parle pas trop mal. La Gazza ladra, œuvre très travaillée-

de RossinI donne une idée, bien que lointaine, de l'attitude qu'il veut faire prendre à son génie. Mais combien on y trouve de belles choses, spontanées et émouvantes ! La cavatine précisément de la prima donna est d'une beauté surprenante. La cantilène s'empare immédiatement de l'âme. Bien que d'un moindre effet, charmante autant que belle est la mélodie de la prière : Nume benefico. Louange soit rendue à M. le journaliste pour ne pas avoir affirmé que Rossini a pris le motif principal de cette mélodie dans une litanie catholique apprise, peutêtre, à Naples.

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