‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 119 sur 122 · I. — VIE DE ROSSINI {suite · texte numérisé non relu

I. — VIE DE ROSSINI {suite

Page 1... drame noir et plat... — Stendhal se défiait à l'avance de cet opéra : c On attend Rossini qui va travailler sur le sujet de la Pie Voleuse que M. Gherardini arrange en italien... C'est, ce me semble, un triste sujet et bien peu fait pour la musique. [Rome, Naples et Florence, I, 66.)

Page 2... examiner les s***... — Sottises .^^ Scélératesses ?

Page 3... à Milan en 1817... — Chuquet conteste que Beyle ait pu entendre la Gazza ladra à Milan en 1817 et affirme que la pièce ne fut représentée qu'en 1820. C'est inexact. La Gazza ladra fut créée à Milan le 31 mai 1817 à la Scala. Beyle, rappelé à Grenoble par la mort de son père, ne put assister à la première. Il semble résulter de la Correspondance qu'il n'entendit cet opéra pour la première fois qu'en 1820.

Page 3... de V Italie. — La phrase se retrouve textuellement dans Rome, Naples et Florence, I, 157.

Page 4. Le succès fut donc immense... — H y eut cependant des critiques violentes dans les journaux. Cet article contemporain de la reprise de 1821 à Milan, donne le ton :

« La quantité des pas dits de caractère, l'ouragan des notes qui ne te laissent pas un moment pour

reprendre haleine, les timbales, les fifres, les trompettes, les cors et toute la bande des instruments les plus bruyants t'assaillent dès le commencement, s'emparent de toi, te confondent, de nouveau te saisissent, t'assourdissent, te transportent, te secouent, t'environnent, te soûlent et te faisant danser l'allemande pendant que l'acteur verse des pleurs ou marquer un temps de menuet au moment le plus dramatique, transforment une espèce de tragédie en une bacchanale... » (Antologia, 1821, t. IV, p. 40 sqq.). Sur le moment, Stendhal n'était pas éloigné de penser de même : « Rossini a voulu se rapprocher du fracas de la Musique allemande... », etc. Cf. Rome, Naples et Florence (1817), II, 248.

Page 17... Mahomet... — Cf. Rome, Naples et Florence, II, 253.

Page 21... Les prêtres... — Edit. de 1824 : les P***.

Page 29.., tu stesso... — Stendhal cite inexactement de mémoire :

Almen la serberete.

Page 38... sublime. — Stendhal notait dans Rome, Naples et Florence : « Je manque de termes pour exprimer le plaisir que m'ont fait les décorations. MM. Perego, Landriani, Fuentès, Sanquirico sont des peintres, et de grands peintres ». (II, 247).

Le Recueil de Décorations théâtrales publié par Sanquirico justifie entièrement cette opinion de Stendhal. Certains décors sont de véritables chefs-d'œuvre qu'il serait fort intéressant de reconstituer au théâtre. Nous en avons reproduit quelques-uns dans notre étude sur Viganô. Re^ue Musicale, Décembre 1921.

Page 39... Myrra.. . — Cf. Rome, Naples et Florence, l, 51, II, 250-252, et la Correspondance, passim.

Page 39... sentiment musical. — Voir presque à chaque page des Notes d^un dilettante les doléances de Stendhal au sujet de l'orchestre.

Page 45... qui sachent servir.^ — Cf. Rome, Naples et Florence, I, 216. Vie de Napoléon, eh. xxii.

Page 48... la réponse du duc — Stendhal rapporte tout au long l'anecdote dans Rome, Naples et Florence (I, 204) : Le Duc d'Ayen se moquant un jour de cette tragédie (le siège de Calais) : « Vous n'êtes donc pas bon Français ? lui dit Louis XV. — • Plût à Dieu, sire, que les vers de la tragédie le fussent autant que moi ! » Voir aussi De l Amour, ch. xlix.

Page 53... gloire d'un ancien — Stendhal se montre,^ comme à son habitude, d'une extrême partialité à l'égard des critiques français. Si ceux-ci opposèrent en effet à Rossini des auteurs français ou italiens plus anciens, les critiques italiens agirent exactement de même. Pour s'en convaincre il sufïït de parcourir les gazettes du temps. UAntologia de 1821 publie un long article intitulé : Opinioni intorno la musica di Gioacchino Rossini di Pesaro (t. IV, pp. 40-58). On y voit déplorer le goût du public qui préfère Rossini à Cimarosa et à Paesiello. On délaisse même la Nina Pazza. La musique n'a-t-elle donc pas de but plus élevé que d'amuser ? Combien la simplicité^ la douceur des Pergolèse, des Jomelli, des Paesiello^ des Cimarosa étaient supérieures à tout le brio, au style ampoulé et tourmenté de Rossini ! Paer est « le premier compositeur de musique du siècle, » Cherubini et Asioli sont très supérieurs à Rossini, etc., etc..

Dans le Carrière délie Dame, les nouveaux opéras de Rossini sont toujours critiqués de la manière la plus violente. On lui reproche de se répéter et de plagier les autres. Dans la Zoraide notamment,, Rossini aurait intercalé un quartetto volé à Portogallo. (Cf. nO du 21 juin 1823). — Reproches analogues dans la Gazzetta di Milano. (V. n*^ 7, octobre 1822.)'

Les journaux français et en particulier V Abeille, citée par Stendhal, ne disent pas autre chose. Des-

absurdités de ce genre : « l'expression de Musique savante est moderne, Gluck, Sacchini, Piccini, Mozart, Lulli, Rameau ne la connaissaient pas » (Annales françaises des Arts, des Sciences et des Lettres, XII, p. 111 sqq.) se retrouvent sous la plume des critiques musicaux de tous les temps et de tous les pays. Leur ignorance leur fait considérer comme inouï et sans précédent tout ce qui frappe leur vue bornée.

Page 58... un son faux d'un son juste. — Il est question du comte de Gallemberg, « le premier compositeur du siècle pour la musique de ballet », dans une lettre de Stendhal du 6 avril 1822. « Quand on chante devant ce maestrone, son oreille ne distingue pas les sons faux ; on peut chanter impunément à un demiton et même à un ton tout entier au-dessus ou audessous du ton... » Cf. Correspondance, t. II, p. 243- 244. — Cf. aussi Rome, Naples et Florence, II, 6. Le comte Gallemberg avait épousé la célèbre Giulietta Guicciardi, aimée de Beethoven.

Page 66... une espèce de C*** d* M**\ — On ne sait trop quelle lecture suggérer. Peut-être Conte des Mille et une Nuits ?

tPage 66... quinze prêtres... — Edition de 1824 : Quinze

Page 71... troisième reprise. — M. le Prof. G. Barini a établi que ce n'était pas pour la troisième, mais bien pour la seconde reprise que fut ajoutée au Mosè la fameuse prière et que celle-ci fut composée à loisir et non improvisée, comme le conte Stendhal. Cf. Per il centenario del Mosè. Nuova Antologia, 1914.

Page 73... est en majeur. — Le thème de la prière de Moïse en sol mineur, est suivi d'une courte cadence ea si bémol majeur chantée par le peuple. La phrase est reprise alors dans le ton de sol majeur. Cet effet si simple est d'une puissance dramatique extraordinaire.

Le Mosè de Rossini a été donné à Rome et à Milan en 1918 avec une distribution digne de la création. Le rôle de Mosè était chanté par l'admirable basse Nazzareno de Angelis. Le succès a été grand et la justesse des observations de Stendhal a frappé tous ceux des spectateurs qui avaient relu, dans la Vie de Rossini, l'analyse du Mosè avant d'assister à la représentation. Comme l'observe plus loin Stendhal, cet opéra perd la plus grande partie de son intérêt, s'il n'est pas chanté supérieurement.

Page 79... le chevalier de Micheroux... — Il est fort probable en effet, que Stendhal ait tiré profit pour écrire ce chapitre, de ses conversations avec le chevalier Micheroux, fils d'un ancien Ministre de la guerre du royaume de Naples, fin dilettante et amant de la Pasta. C'est chez cette cantatrice et non à Naples que Beyle dût avoir l'occasion de parler musique avec le chevalier Micheroux.

Il semble bien, d'autre part, avoir puisé divers renseignements sur le Bel Canto dans le livre de Majer : Discorso sulla origine, progressi e stato attuale délia miisica italiana. Padova, 1821 (cf. pp. 147 sqq.).

Page 80. Tel ect le sort... — On voit par une curieuse lettre de Robert, Directeur du Théâtre Italien, que quelques années plus tard, la méthode de chant était totalement changée en Italie : « Aux théâtres de la Scala ou de San Carlo », écrit-il, « il faut non pas chanter, mais crier à tue-tête, car on n'écoute plus. Il faut avouer que le goût est perdu en Italie depuis huit ou dix ans. On n'y applaudit que des cris, j'ai retrouvé à Milan l'urlo francese dont Rossini nous a débarrassés à l'Opéra et qui semble avoir établi son empire en Italie. J'en suis scandalisé et Rossini n'en revient pas, car ce n'était pas comme cela dans son temps... » (29 juin 1829). (Citée par Soubies, Théâtre Italien, p. 47.) Ceci expliquerait peut-être pourquoi;

Stendhal, vers la fin de sa vie, ne semble plus se préoccuper beaucoup d'entendre des opéras en Italie.

Page 80... du roi Psami. — On peut se demander si Beyle connaissait l'existence du pharaon Psammis autrement que par le Ballet de Viganô. Cf. Correspondance, II, 41.

Page 83... plus près du bon goût... — Stendhal exprime la même idée dans Rome, Naples et Florence, II, 29.1.

Page 87, note 1... Journal des Débats... — Stendhal vise le feuilleton théâtral du Journal des Débats consacré à la première représentation du Valet de Chambre composé par Carafïa sur un livret de Scribe. Le critique se plaint de l'abondance de la musique qui lui paraît déplacée pour un sujet comme celui-là. Il voudrait plus de simplicité et de naturel, moins de science et de complications harmoniques. « Croyez-moi, dit-il à l'auteur, prenez pour maître, surtout dans le genre spirituel, ce Grétry que vous honorez peut-être de vos superbes dédains, mais qui, dans VEpreui^e i>illageoise, aurait pu vous apprendre comment doit parler, comment doit chanter (chez lui, ces deux mots sont synonymes) une véritable Denise... » On comprend que ces raisonnements devaient exaspérer Stendhal. — Il ne devait pas lire avec plus de sangfroid des observations de ce genre : « Si leur musique est maintenant digne de la scène dramatique, c'est à nous qu'ils (les Italiens) le doivent ; c'est la France qui leur a donné cette importante leçon... » (Journal des Débats du 24 novembre 1823, p. 3.)

Page 89... Orgitano... — Ce musicien napolitain, élève de Sala, mourut en 1812 à Paris, à l'âge de trente ans environ. Il avait composé deux opéras-bouffes pour le théâtre des Fiorentini à Naples en 1803 et 1804 et un certain nombre de cantates et de mélodies dont peu de copies ont subsisté.

Page 89, note 2... Lettere Sirmiensi... — Apostoli Vene-

ziano. Lettere Sirmiensi per servira alla storia délia deportazione de^ Cittadini cisalpini in Dalmazia ed Ungheria. Tip. Milanese, 1801, in-8o.

Sur Apostoli et son livre cf. Rome, Naples et Florence, I, 62.

Page 91... hiscromes... Stendhal ici parle italien en français. Biscroma veut dire double croche.

Page 91... Ottavino... — Petite flûte.

Page 95... Velluti.,. — Ce sont les excès de virtuoses comme Velluti ou la Catalani qui ont engagé Rossini à limiter leur part d'interprétation en notant luimême les fioriture auxquelles devaient se conformer les artistes.

Stendhal fut toujours admirateur passionné du dernier grand soprano. Il en parle sans cesse dans sa Correspondance et dans Rome, Naples et Florence. En 1831, il écrit de Venise : « Je viens d'entendre Velluti, c'était dans un salon de la place S*-Marc, au midi, par un beau soleil ; jamais Velluti n'a mieux chanté. Il a l'air d'un jeune homme de 36 à 38 ans qui a souffert et il en a cinquante-deux. Jamais il n'a été mieux... » Correspondance, III, 12.

Page 99, note... sous nos yeux... — Colomb corrige : à Paris.

Page 106... journaux... — Stendhal lui-même dans sa Correspondance (II, 224) et dans maint passage de Rome, Naples et Florence, reproche à Rossini de se copier, de se répéter sans cesse. Cette critique était la plus fréquente de celles qui étaient adressées à Rossini : Le Corriere délie Dame, de Milan, publie le 31 décembre 1819 une dialogue entre un prétendu admirateur de Rossini et le critique. L'admirateur assure que dans son dernier opéra, Rossini « s'est abstenu de refaire ses cantilènes habituelles et surtout d'employer des motifs battus et rebattus » {fritti e rifritti), etc.. Le même journal, à la date du

Rossini. II. 31

21 juin 1823, regrette que Rossini, dans Zoraide^ « n'ait pu s'abstenir de se copier lui-même au moins malheureusement et parfois d'avoir trop heureusement copié les grands maîtres de l'Art ». La Gazzetta di MilanOj répondant à Carpani (1822, n^ 280), rappelle que « trois ans plus tôt, un imprésario vénitien demanda à Rossini, moyennant 600 sequins, des compositions nouvelles pour un opéra à San Benedetto et que Rossini lui donna de vieilles œuvres qui composaient presque entièrement un opéra qu'il avait fait représenter à Naples ou à Rome... », etc., etc. (Voir le chapitre xxxix).

Page 111. Le beau chant commença... — Le Bel Canto, l'art d'orner et de varier le chant remonte infiniment plus loin. L'opéra fut créé à la fin du xvi^ siècle par de grands chanteurs : Giulio Caccini, Jacopo Péri, etc. L'influence de la virtuosité sur l'opéra fut considérable. Des chanteurs compositeurs comme le castrat Loreto Vittori, comme Luigi Rossi ont eu un rôle décisif dans l'histoire du drame lyrique. (Cf. Henry Prunières, U Opéra italien en France avant Lulli. Paris, Champion, 1913.) — Dès le début du xvii^ siècle les chanteurs pratiquaient les ornements, les fioriture, les traits les plus compliqués. Stendhal observe avec raison que la fin des soprani a entraîné la décadence du bel canto. Le rôle des castrats dans l'histoire du chant au xvii^ et au xviii® siècle fut capital. On arriva à représenter des opéras dont tous les personnages, hommes ou femmes, étaient joués par des castrati. Cf. Benedetto Marcello, Teatro alla moda, 1725, in-80.

Page 116, note... prison... — La touchante anecdote de Paganini découvrant dans une prison obscure l'art de faire chanter son violon sous l'archet a été très populaire. Elle a même été répandue par l'estampe. Faut-il dire qu'elle ne repose sur aucune réalité, que Paganini n'a jamais gémi sur la « paille humide des

cachots » et qu'enfant prodige, il jouait en public dès l'âge de huit ans avec une étonnante virtuosité.

Dans les Lettres sur Métastase, Stendhal parlait déjà de Paganini, « premier violon de l'Italie », mais ne mentionnait pas l'épisode de la prison. Voir Vie de Haydn..., p. 382, note 1.

Page 122. Pacchiarotti... — Voir tome I la note de la page 18.

Page 123... airs de baule... — Il en était déjà ainsi au temps d'Alessandro Scarlatti. Dans le Parallèle de la musique italienne et de la musique française (1702), l'abbé Raguenet écrivait :

« Quand l'entrepreneur d'un opéra a rassemblé sa troupe dans quelque ville, il choisit pour sujet de son opéra la pièce qui lui plaît comme Camille, Thémistocle, Xerxès, etc. Mais cette pièce n'est... qu'un canevas qu'il étoffe des plus beaux Airs que sçavent les musiciens de sa troupe : car ces beaux Airs sont des selles à tous chevaux... Il n'y a point de scène à la fin de laquelle les Italiens ne sçachent trouver place pour quelqu'un de ces Airs. » (P. 9-11.)

Page 125, note... octobre i822. — En octobre 1822, Beyle se trouvait en France et non à Varese. Il avait fait à Varese divers séjours notamment à l'automne de 1818 et de 1820.

Page 128... dont la {>oix s'y refuse... — Dans ses lettres, Beyle s'excuse de ne pas envoyer à Paris des airs de Rossini lesquels étant écrits pour les voix de la Colbran ou de la Camporesi ne sauraient être chantés par des amateurs français. Cf. Correspondance^ II, 194-197.

Page 133. Voyez un air... — Colomb corrige : Ecoutez un air. Edit. de 1854.

Page 137. . . madame Pasta. — Cf. Préface. Beyle entendit la Pasta à Milan pour la première fois en 1820. Il est question d'elle plusieurs fois dans la Correspondance

de Stendhal. On voit qu'au début, il n'en était pas fort enthousiaste. « Elle se forme », observe-t-il en décembre 1820. Le 1^^^ avril 1821, il écrit à Mareste : « La Pasta part demain pour aller passer sept mois à Paris. Les vrais amateurs en parlent ici très diversement. Le bon pour elle, c'est que sa mère a hérité de 200.000 fr. Probablement la Schiassetti eût mieux fait votre affaire. » Et le 6 juin suivant : « Madame Pasta, chantant à la française, chant heurté, aura dû plaire aux siffleurs de la Pietra del Paragone. » (II, 231, 235.) Stendhal devait changer d'avis par la suite et on peut se rendre compte que la Vie de Rossini, comme les feuilletons du Journal de Paris , furent écrits entièrement sous l'influence de la Pasta, dont le nom revient à tout moment et qui est donnée constamment en modèle aux autres artistes. Cf. Notes d'un Dilettante, passim.

Page 139... qu occupent seuls aujourd'hui... — Edition de 1854 : qu'occupent aujourd'hui.

Page 139... improvisant... — Mot sauté dans l'édition de 1854.

Page 141, note 1. ... genre simple... — Madame Pasta fut admirable dans les opéras de Bellini qui fit un peu « pâlir l'étoile de Rossini » et qui revint au « genre simple » dont Stendhal avait prédit le retour.

Page 144... leurs sentiments. — Dans l'édition de 1824 un chiffre ^ renvoie ici à la note suivante : Voir la page 172. Il est impossible de découvrir ni à la page 172, ni dans les pages voisines aucun passage pouvant se rapporter au présent paragraphe.

Page 148... célestes... — Mot sauté dans l'édition de

Page 152... la soirée... — Colomb corrige : la scène. Edit. de 1854.

Page 153. Mergelina. — Edit. de 1824 : Margeline.

Page 154... qui séduit et entraîne.. . — Colomb corrige: qui séduit et qui entraîne.

Page 156.. . Pallerini. . . — Beyle confirme ce renseignement dans une note manuscrite en marge d'un exemplaire de Rome, Naples et Florence : « Madame Pasta, formée par l'étude de M^^^ Pallerini et de Madame Grassini. » Cf. Rome, Naples et Florence, II, 413.

La Pallerini n'était pas seulement une mime remarquable, elle chantait également. Cf. Anders, Nicolo Paganini, sa vie, sa personne, et quelques mots sur son secret. 1832. — Il est question de la Pallerini dans Rome, Naples et Florence (édit. 1817), à la date du 14 février 1817, et dans la Correspondance, II, 51,. 62, 172.

Page ICI... 4 octobre 1819... — La première représentation eut lieu le 24 septembre 1819.

Page 162... nous disions.., — Edition de 1854 : }ious nous disions.

Page 162... une analyse suii>ie... — On trouvera cette analyse dans les Notes d'un dilettante, p. 283-293 etpassim^

Page 165... en 1818... — Adelaïda di Borgogna fut représentée sans succès à Rome le 14 juin 1818. Voir l'étude de M. Cametti dans VAnnuario deW Accademia di 5ta Cecilia, 1917-1918.

Page 166... brillant succès... — Stendhal en eut des échos à Milan où il se trouvait. Il écrit le 3 janvier 1818 à Mareste : « A Naples, VArmida de Rossini a eu le plus grand succès ; mais on a été obligé d'aller le chercher à la campagne avec de la maréchaussée et de le mettre en prison pour lui faire terminer la partition.)) [Correspondance, II, 50.) En réalité, Armic?a n'eut aucun succès. Elle ne fut reprise qu'une seule fois à Naples et disparut du répertoire du San Carlo. La critique fut défavorable, elle trouva généralement la musique trop allemande. Sur Armida voir l'article-

Rossini. 11. 31.

de M. Radiciotti : Un opéra fantastique de Rossini. Reflue Musicale. Janvier 1921.

Page 166... embarrassées de le louer. — Voir dans la Correspondance de Stendhal l'effet très physique produit sur lui par ce duo. — (Edit. Paupe, II, 33.) Il en donne une fine analyse psychologique au chapitre XVI de V Amour : « Ce duetto... qui peint si juste les petits doutes de l'amour heureux et les moments de délices qui suivent les raccommodements. Le morceau instrumental qui est au milieu du duetto au moment où Rinaldo veut fuir, et qui représente d'une manière si étonnante le combat des passions, lui semble avoir une influence physique sur son cœur et le toucher réellement. Je n'ose dire ce que je sens à cet égard ; je passerais pour fou auprès des gens du Nord. » (Voir aussi Correspondance, II, 380.)

Page 167... n'a point d'oui>erture — Tout au contraire, Ricciardo e Zoraide a une ouverture. Cette ouverture est même fort intéiessante en ce qu'elle offre le premier modèle des ouvertures rossiniennes qui s'enchaînent à l'introduction.

Page 168... aucun plaisir. — Stendhal parle de la Semiramide en termes peu favorables dans son feuilleton du 23 février 1826 : « Cette partition, sans doute magnifique, mais dont les airs ressemblent à un récitatif obligé surchargé d'ornements. »

Page 169... la Donna del Lago... — Sur la Donna del Lago, qui fut chantée à Paris en dépit de la prédiction de Stendhal, peu de mois après la publication de la Vie de Rossini, voir les Notes d'un Dilettante. Stendhal observe d'ailleurs que c'est l'engagement de M^^^ Schiassetti qui permet «d'aborder une quantité d'ouvrages de Rossini, impossibles à donner jusqu'ici. )>

Page 169... une messe... — M. Radiciotti me signale que la Messe fut composée au mois de mars 1820.

Page 170... du piquant aux reconnaissances... — On ne peut s'empêcher de penser au mot délicieux de Lully qui, reconnaissant à l'Eglise un air tiré de ses opéras et transformé en pieux cantique, s'écria : « Mon Dieu, pardonnez-moi, je ne l'avais pas fait pour vous ! » Rossini était moins scrupuleux.

Page 172... le quartetto... — Stendhal vante souvent ce quartetto notamment dans de V Amour : « Un air tendre et triste, pourvu qu'il ne soit pas trop dramatique, que l'imagination ne soit pas forcée de songer à l'action, excitant purement à la rêverie de l'amour est délicieux pour les âmes tendres et malheureuses : par exemple, le trait prolongé de clarinette, au commencement du quartetto de Bianca e Faliero et le récit de la Camporesi vers le milieu du quartetto. » (Ch. xvi.) Voir aussi l'article du Paris Monthly Review^ II, 461.

Page 175... du théâtre de San Benedetto... — Cf. la note de la page 106. — La Gazzetta di Milano donne le chiffre de 600 sequins.

Page 175... mademoiselle Chomel... — Edition de 1824:: Mademoiselle Ch***. Cf. Correspondance, édit. Paupe,. II, 195. Même observation au suivant alinéa.

Page 176... il y a six mois... — Ricciardo e Zoraide avait été représenté à Naples quatre mois et Ermione un mois avant VOdoardo.

Page 177... homme de génie. — Cette anecdote ne repose sur rien. Le contrat passé entre Rossini et son imprésario spécifiait que la musique du nouvel opéra serait empruntée à des opéras de Rossini non encore représentés à Venise. Cf. Azevedo, Rossini,. p. 150 sqq.

Page 182... elle lasse bien vite. — Beyie écrivait à Mareste le 18 juillet 1819 : « Toujours du Rossini,. c'est le pâté d'anguilles. » Correspondance, II, 152.

Page iS6... faite exprès pour la France... — « Vif, généreux, brillant, rapide, chevaleresque, aimant mieux.

peindre peu profond que s'appesantir ; sa musique comme sa personne, est faite pour faire rafîoler Paris. » Lettre à Mareste du 26 août 1818. (Corresp., II, 101.)

Page 190... quatre-i'ingt mille francs... — En 1819, Stendhal écrivait de Milan à Mareste que Rossini venait de « placer cent mille francs chez Barbaglia au sept et demi pour cent par an... » Correspondance, II, 164.

Page 190... pour ce grand homme... — Colomb corrige : pour un grand homme.

Page 202... gens médiocres. — Dès 1819 Stendhal notait en marge du Cours de littérature de Schlegel un jugement analogue sur Rossini :

« La musique de Rossini est jolie et quelquefois belle, mais jamais sublime. Il met trop de détails, sa musique manque tout à fait de simplicité ; apparemment qu'au fond il a peur d'ennuyer. Par l'effet de cette foule de détails, il est parfaitement compris du vulgaire et fait les délices de la canaille des cœurs. — Senti au Théâtre Rè, seul dans la loge de la Coptessina le 11 décembre 1819, cela confirme pleinement ma théorie du Beau et du mauvais effet des détai's. De sublime de Rossini, je ne connais que le Duetto d'Armide, surtout la partie de V incertitude, mais je parierais qu'il l'a chippée à quelque auteur inconnu. Cette âme ne connaît pas l'amour tendre et triste. » (Cité par Blanchard de Forges, Correspondant, 1909, p. 1096).

Page 204. Liste chronologique. — Cette liste contient de nombreuses inexactitudes. Elle est en outre très incomplète. Pour les opéras, nous rectifions le texte de Stendhal en imprimant entre crochets tout ce qui n'est pas dans la version originale et en signalant en note les divergences importantes.

Pour les cantates et morceaux divers composés par

Rossini, la liste de Stendhal est tout à fait insuffisante. Le lecteur qui désirerait avoir des renseignements précis à ce sujet devra consulter soit le Dictionnaire musical anglais de Grove (article Rossini), soit V Encyclopédie de la Musique publiée par Lavignac, (t. II, pp. 857-860), soit l'ouvrage monumental que le prof. Radiciotti va publier incessamment sur Rossini.

On sait que Rossini composa après 1823 encore 5 opéras : Il viaggio a Reims, le Siège de Corinthôy Moïse, le Comte Ory et Guillaume Tell (1829).

Page 212. 1822. — Et non 1823 comme l'écrit Stendhal- Page 212. . . en i Si 5. — Stendhal veut parler ici de l' Inno Nazionale composé en 1815 à Bologne pour fêter le retour de Napoléon et que Rossini fit exécuter sous sa direction au théâtre Contacavalli.

Page 213... Mercadante... — Stendhal, tout en trouvant ce compositeur assez « pâle », se montre indulgent envers lui. Il écrit le 13 janvier 1824 à Mareste : « J*ai dîné aujourd'hui à côté de Mercadante, tout petit jeune homme d'une figure spirituelle ; il a un style à lui ; c'est beaucoup pour un jeune homme... » (Cf. Correspondance, t. II, passim. Promenades dans Rome, 4 décembre 1828.

Page 213... Caraffa... — A la date du 20 novembre, Beyle envoie à Madame *** une brève notice sur la vie et les œuvres de Carafîa. (Cf. Correspondance, II, 312 sqq.) Il est très souvent question de ce compositeur dans la Correspondance de Stendhal. On voit que Beyle était en relations amicales avec lui, il le charge de remettre de la musique à ses amis, etc. Cf. Correspondance, t. II, pp. 76, 194, 315.

Page 213... Pacini... — Stendhal écrit à Mareste le 22 décembre 1820 : « Pacini fils, jeune et joli jeune homme de dix-huit ans, a fait ou volé un duo sublime: celui de Frédéric le Grand qui refuse à la maîtresse ^'un de ses officiers la grâce dudit qui va être fusillé.

Faites-vous chanter cela par Remorini et vous pleurerez nécessairement. » — Cf. aussi, II, 112 et passim.

Page 213... Meyerheer... — Dans une lettre du 22 décembre 1S20, Stendhal juge ainsi Meyerheer : « Meyerheer est un homme comme Marmontel ou Lacretelle : quelque peu de talent, mais pas plus de génie que sur la main ^ quand il veut mettre du chant, il prend les plus ignobles cantilènes des rues. Ce qu'il a de remarquable ce compositeur, c'est quatre-vingt mille francs de rente, sans en rabattre une obole ; il vit solitaire, travaillant quinze heures par jour à la musique... » (II, 221-222). — Cf aussi II, 197-198. Stendhal devait assez rapidement changer d'avis. Voir dans les Notes d'un Dilettante, l'éloge du Crociato in Egitto (feuilleton du 11 décembre 1824).

Page 213... Morlacchi... — Sur V Isolina, cf. Correspondance de Stendhal, II, 480.

Page 215. Utopie du théâtre italien. — Ce chapitre semble avoir été écrit en collaboration avec le baron de Mareste. — Voir la Préface.

Page 216... dans sa jeunesse. — Au moment où Stendhal rédigeait la Vie de Rossini et les Notes d*un Dilettante, la réorganisation du Théâtre Italien préoccupait tous les amateurs de musique. En dix ans, cinq administrateurs s'étaient succédés sans parvenir à rétablir l'équilibre des recettes et des dépenses. La direction de Madame Catalani avait été désastreuse. Le 30 avril 1818, Favart avait fermé ses portes. Le gouvernement avait alors rattaché le Théâtre Italien à l'Académie de Musique. Persuis administra les deux théâtres avec le concours de Paer, Directeur de la Musique italienne et les représentations recommencèrent à Louvois le 20 mars 1819. Persuis étant mort le 22 décembre 1819, Viotti lui succéda, pour céder bientôt la place à Habeneck. Après avoir inauguré le 16 août 1822 la salle de la rue Le Peletier, Habeneck

prit possession de ses fonctions le 1®^ novembre 1821 et ne tarda pas à se trouver aux prises avec les pires difficultés. Le chanteur Garcia, après lui avoir suscité mille ennuis, finit par quitter l'Opéra en mars 1823. L'année suivante, Habeneck, renonçant à la lutte, se retirait. Le Comte de La Rochefoucauld était nommé administrateur et Duplantys, Directeur de l'Opéra. Ce fut sous cette administration que Rossini prit la direction du Théâtre Italien, mais la suzeraineté nominale de l'Académie de Musique sur le Théâtre Italien ne prit fin qu'en 1827 avec la direction de Laurent.

Page 229. Schiassetti... — La Schiassetti et la Mombelli furent engagées quelques mois plus tard. Il est souvent question d'elles dans les Notes d'un Dilettante.

Page 232. Le théâtre de la Scala... — Stendhal a souvent décrit la salle de la Scala. Cf. Rome, Naples et Florence, I, 25. — Journal d' Italie, p. 117.

Page 234... théâtre de Saint-Charles... — On trouve une longue description de la salle du San Carlo dans Rome, Naples et Florence, I, 380, sqq.

Page 237. Arminio de Pavesi. — Cf. Correspondance, t. II, p. 229.

Page 240... ce grand homme. — Sur Viganô, voir la note de la page 290.

Page 243... va passer à Paris... — Rossini s'arrêta trois semaines à Paris avant de s'embarquer pour Londres le 7 décembre 1823. — Il y fut accueilli triomphalement. L'Académie des Beaux-Arts l'élut par acclamation associé étranger, malgré la sourde opposition de Berton. Il fut acclamé au Théâtre italien, lorsqu'il parut à la représentation dCOtello, le 20 novembre. Le 1®^ décembre 1823, Rossini fit parvenir au Ministère de la Maison du Roi un projet d'engagement pour l'Opéra et le Théâtre Italien (cf. Soubies, Le Théâtre

italien de 1801 à 1913. Paris, Fischbacher, 1913 (in-4o),. pp. 28 et 29).

A peine arrivé à Londres, les pourparlers reprirent par l'intermédiaire de l'Ambassadeur de France et le 27 février 1824, Rossini signa un contrat aux termes duquel il s'engageait à composer un certain nombre d'œuvrcs pour l'Opéra et le Théâtre Italien. Un peu plus tard, le 26 novembre 1824, Rossini fut chargé, par décision royale, de diriger la musique et la scène du théâtre italien (op. cit., p. 32). Toutefois, Duplantys. demeura directeur en titre. Paer, furieux, commença par démissionner, puis consentit à rester. C'est sous la direction de Rossini que les Italiens reprirent possession de la Salle Favart le 12 novembre 1825. L'année suivante, le 17 octobre 1826, Rossini fut nommé Compositeur du Roi et Inspecteur général du chant dans les établissement royaux, ce qui ne: modifia en rien sa situation aux Italiens. On trouvera à l'appendice dans les Notes d'un dilettante, de nombreuses allusions à la Direction des Italiens, entre 1824 et 1826. Stendhal se plaint amèrement de voir ce théâtre placé sous le contrôle de l'Opéra qui, bien entendu, n'a aucun intérêt à la prospérité de ce concurrent. Ce n'est qu'en octobre 1827, avec le Directeur Laurent, que le Théâtre Italien s'affranchit de la domination de l'Opéra.

Page 245... des intérieurs ^églises... — Edit. de 1824 i. les intérieurs...

Page 246... reproche d exagération ? On comprend l'admiration de Stendhal lorsqu'on feuillette les gravures reproduisant les merveilleux décors de Sanquirico. M, Auguste Rondel en possède d'admirables épreuves en couleur dans sa collection léguée à l'Etat et installée au Palais Royal. Nous en avons reproduit plusieurs dans la Rei^ue Musicale du 1^^ décembre 192L

Page 246... son secret dans la tombe. Voir plus haut la note de la page 290.

Page 248, note 1... i'ous fîtes monter. — Cf. Préface

p. XLVIIl).

Page 248... à toute énergis... — Ces trois mots ont été sautés dans l'édition de 1854.

Page 249... quun acte d'opéra... — Edition de 1854 : quun opéra.

Page 251... les ballets de Viganô... — Cf. Rome, Naples et Florence, l, 396, note 1.

Page 253... le frère aîné se fait prêtre... — Cf. Rome, Naples et Florence, II, 38, Vie de Napoléon, chap. vu, De r Amour, chap. xlix.

Page 253. La jettatura... — Cf. Rome, Naples et Florence, II, 51-52.

Page 253... un jettatore. — Edition de 1824 : une jettatura.

Page 254... de toute cette manière d^être... — Edit. de 1854 : de cette manière...

Page 255... i^ers Van 1400... — Stendhal se trompe de deux siècles. Allegri vécut de 1580 à 1640. Il est question de ce célèbre Miserere dans la Vie de Mozart. Cf. Vie de Haydn..., p. 270.

Page 255... V air sublime de Roméo... — L'air : Ombra adorata, aspetta appartient au Romeo e Giulietta de Zingarelli (1796). Le fameux chanteur Girolamo Crescentini passe pour l'auteur de cet air que Napoléon affectionnait.

Page 258... aux impressions de son âme... — Cf. Rome, Naples et Florence, I, 15 ; II, 121.

Page 261... sa inanité... — Idée chère à Stendhal. Cf. De V Amour, préface, p. xi. Chartreuse de Parme, p. 53. Uabbesse de Castro [Les Cenci), p. 190. Rome, Naples et Florence, l, 161, etc..

Page 264... mourir de faim... — Cf. Rome, Naples et Florence, II, 160.

Page 266. . qui se fait jour... — Colomb corrige : qui se serait fait jour.

Page 267, note 1... p. 51,— Édit. de 1824, page 56. Nous avons indiqué la page de l'édition Champion correspondant à celle de l'édition originale.

Page 268... this... — Les éditions de 1824 et 1854 portent : the cant which is the crying sin of this double dealing and false-speaking tune of selfish spoilers.... La phrase exacte signifie : Le cant (préjugé) qui est le péché habituel de cette époque fausse et menteuse (remplie) d'égoïstes gâcheurs...

Page 268... quelques années. — U Apologie d'une pauvre personne accablée, opprimée par ses amis fut publiée pour la première fois en 1820 dans le recueil intitulé : Nouvelles lettres de M^e de Lespinasse, suivies du portrait de M. de Mora et d autres opuscules inédits du même auteur, A Paris, chez Maradan (1 vol. in-8^)» Longtemps considéré comme apocryphe, ce recueil semble pourtant bien authentique de l'avis des derniers éditeurs. Il est à noter que Y Apologie répond assez exactement à la description d'un de ces « petits écrits » dont M"^® de Guibert regrettait de n'avoir pas gardé copie et parmi lesquels elle citait de mé moire « une Apologie de ses défauts et particulièrement de la facilité qu'on lui reprochait à se prévenir et à s'enthousiasmer... » Nous avons rétabli le texte d'après l'édition Lemerre, collection Jannet, des « Lettres de Mademoiselle de Lespinasse. »

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