REPRISE D « OTELLO )). DEBUT DE M. RUBINI
DANS LE ROLE d'oTHELLO ^
J'ai VU hier la Dame blanche* et aujourd'hui Otello. Il me semble que s'il s'agissait uniquement •de la peinture profonde des passions et des mouvements du cœur humain, l'on pourrait établir cette proportion : Mozart est à Rossini, comme Rossini est à M. Boïeldieu. Rossini, qui sacrifie trop à l'esprit et manque souvent de profondeur aux yeux •des Italiens, est sombre et passionné, si on le compare à la légèreté fine et amusante et à Vorchestre coquet de M. Boïeldieu. Quelques journaux, plus remarquables par leur patriotisme que par leurs connaissances dans les beaux-arts, se sont hâtés, voyant le succès de la Dame blanche et la demichute de Semiramis, de proclamer M. Boïeldieu le premier musicien de l'Europe. Pour nous, plus timides, nous attendrons le succès pyramidal que la Dame blanche aura sans doute à Naples, à Pétersbourg, Vienne, Berlin, Milan, Lisbonne, etc.
M. Boïeldieu est, je crois, le seul compositeur français dont la musique ait eu presque autant de