‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 108 sur 237 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le père Camille va fonder un établissement à Milan et un autre à Gênes. 11 menace de la vengeance divine quelques matelots dissolus; accomplissement de cette menace.

Lorsque le Souverain Pontife confirma l'Institut, et que les Pères firent leur profession, il n'existait d'autres maisons que celles de Rome et de Naples.

On voyait tous les jours sj présenter des sujets d'élite, d'une vertu éprouvée, qui, pleins d'attrait pour les saints exercices des nouveaux profès, embrassaient avec empressement ce genre de vie si utile à l'Église, quoique pénible à la nature, ce qui fit penser à Camille que la volonté de Dieu était que son Ordre se propageât dans d'autres provinces. Ayant pour mobile unique la gloire de Dieu, le soulagement des souffrances et des misères des pauvres et le salut des âmes, sans avoir recours aux faveurs des princes ni à des lettres de recommandation, plaçant en Dieu seul son espérance, et persuadé que toutes les difficultés disparaîtraient devant l'utilité et l'excellence de son Institut, il envoya le Père François Niglio avec quinze compagnons à Milan, où il les suivit, et arriva le 14 juin de l'an 1594 ; et le lo août de la même année il entra à Gènes dans le même dessein. Dans ces villes, ils louèrent une maison, et commencèrent à visiter tous les jours les hôpitaux, et les maisons particulières où ils étaient appelés, remplissant les mêmes fonctions qu'à Rome. Ces deux fondations commencèrent sous les plus heureux auspices ; car le bon exemple et les saints entretiens de ces bons Religieux ne tardèrent pas à gagner les sympathies de la noblesse et du peuple, qui vinrent à leur secours par d'abondantes aumônes. Mais les illustres archevêques de ces deux villes, qui virent en eux d'importants collaborateurs dans l'œuvre du salut, les favorisèrent avec une noble générosité, leur accordant, pour le spirituel et le temporel, tout ce qui pou-

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