LIVRE SECOND
Le même mois, sur les instances du comte Hercule Bevilaqua, Camille envoya le Père Barbarossa et d'autres Religieux à Ferrare, où l'evêque Fontana désigna pour leur habitation l'hôpital de Sainte-Anne, jusqu'à ce qu'on leur eût donné une autre i g!ise. Au mois de décembre suivant, le saint Fondateur envoya le Père François-Antoine Niglio à Messine, et, au mois de juin de Fan 1600, le Père Jean-Antoine Malvina à Païenne. Ces deux villes fourniront plusieurs milliers d'écus pour leurs fondations aux Pères, qui furent accueillis avec une grande bienveillance et très estimés par leurs archevêques.
Dans ce même temps le Père Camille envoya en Espagne le Père César Bonina, et le Père Denis de Navarre, Espagnol, qui mourut plus tard à Naples en odeur de sainteté. Ces Pères parcoururent diverses parties de ce royaume, dans l'intention de donner des informations sur leur Institut à Philippe III. Les maladies et d'autres circonstances les obligèrent de retourner à Rome. Camille manifesta plusieurs fois l'intention de se rendre lui-même en Espagne, et d'y introduire son Ordre, qui y eût été si utile : les Pères do la Consulte l'en empêchèrent. Les forces corporelles du vénérable serviteur de Dieu et sa santé délabrée ne correspondaient pas à la vigueur de son esprit. Il envoya aussi le Père Nicolas Clemens et d'autres ouvriers à Toulouse en France; mais il dut les rappel* r peu après pour diverses raisons. Il jugea donc qu'il était plus expédient d'abandonner ces deux missions momentanément, et
d'attendre que son Ordre fût plus solidement établi en Italie, où il avait pris naissance, avant de le propager dans les provinces plus éloignées.