CHAPITRE Vil
Contagion de Noie. Dévouement des Pères et mort de cinq prêtres de l'Institut.
Si les Pères furent privés du bonheur de montrer l'ardeur de leur zèle et de leur charité envers les pestiférés du Piémont, la Providence ne tarda pas à leur fournir l'occasion de satisfaire leurs désirs dans la contagion qui se déclara à Noie, au mois d'août de l'an 1600. Elle fut occasionnée par les miasmes méphitiques qui s'exhalaient des eaux corrompues qui croupissaient dans les environs de la ville, et ses ravages furent tels, que l'on pouvait, pour ainsi dire, montrer du doigt les personnes qui étaient restées vivantes. Ce qui était surtout déplorable, c'est que les victimes de la peste mouraient sans sacrements, parce que les prêtres et les religieux de la ville étaient morts, ou malades, ou en fuite.
Le vice-roi de Naples écrivit aux Pères de venir au secours de cette malheureuse ville. Ils envoyèrent sept prêtres, qui s'offrirent tous spontanément : le sang se glaça dans leurs veines en voyant cette ville désolée, veuve de ses habitants, et qui rappelait le tableau lugubre de la désola-