‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 163 sur 237 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Camille prédit sa mort prochaine. Lettre placée mystérieusement entre les mains de son neveu Alexaudre.

Camille, entré en convalescence et délivré du dégoût continuel qui le tourmentait, ne resta pas oisif tout le temps qu'il passa a Bocchianico qu'il venait de sauver de la famine. Il prêchait souvent sur la place publique et dans les églises, exhortant ses concitoyens à fuir le péciie, à pratiquer la vertu, et leur recommandant, comme un moyen puissant de gagner le ciel, de conserver la paix et de s'aimer. 11 enseignait aux enfants et aux ignorants la doctrine clnétienne, et pour les en-

courager et les entraîner tous vers Dieu, il leur distribuait des objets de dévotion, tels que médailles, images et chapelets.

Avant de partir, il adressa au peuple une chaleureuse allocution dans l'église de Saint-Onufre, les exhorta à conserver la grâce, et finit par prédire sa mort prochaine. « 0 ma patrie, s'écria-t-il, souviens-toi de ce que je t'ai enseigné, car nous ne nous verrons plus. » En effet, il ne retourna jamais plus à Bocchianico. Sur le point de monter à cheval, il dit à Bernardin Urbanucci, son compatriote, tandis que la foule s'empressait de lui baiser les mains : « Maintenant, je vais à Rome, et tu ne me verras plus, car je mourrai dans cette ville sainte; souviens-toi de ce que je t'ai si souvent répété, songe à vivre chrétiennement et à être en grâce avec Dieu, autrement l'enfer sera ton partage. » Quelqu'un qui avait pour lui une vénération profonde lui ayant dit : « 0 mon Père, restez au milieu de nous; que vos cendres reposent ici. » « Oh ! pour cela non, répondit Camille, j'espère mourir à Rome, et laisser mes ossements dans cette ville bénie. »

Longtemps auparavant le vénérable serviteur de Dit u avait prédit d'une manière plus formelle quil mourrait à Rome, indiquant même le jour de sa mort. PaulRenda, Religieux profès de l'Institut, déposa avec serment qu'il avait entendu dire plusieurs fois à Camille, dans Gènes et à Rome, qu'il mourrait le jour de Saint Bonaventure, ce qu'il a affirmé dans diverses circonstances avant la mort du Saint.

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