LIVRE SECOND
a voulu que nous portassions tous le nom de Ministres des infirmes, tant les Pères que les Frères qui font également partie de l'Institut. Il convient de se conformer toujours à ce qui est établi dans la seconde Bulle, pour ce qui regarde les Pères qui sont prêtres, comme les simples Frères. Il ne faut pas s'étonner que d'autres Ordres ne nous imitent pas en cela, parce que l'Institut n'est pas commun comme le nôtre. Je recommande aussi à tous la vraie et parfaite observance des vœux; et que personne n'ait la hardiesse, sous un prétexte quelconque, de priver les Frères des concessions qui leur ont été faites par le Sainl- Siège. J'exhorte tous les membres présents et futurs de l'Ordre à marcher résolument dans la voie de l'abnégation et du sacrifice, s'ils désirent assurer leur salut. Car notre Ordre est tel, qu'il demande des hommes parfaits pour faire la volonté de Dieu et pour arriver à une sainteté véritable; et ces hommes ne feront pas seulement le bien pour eux-mêmes, ils édifieront encore la sainte Église et le monde entier, et leur bon exemple sera d'une grande efficacité pour le salut des âmes. Au contraire, ceux qui sont tièdes, peu mortifiés, sans énergie, seront des hommes qui causeront la ruine de l'Institut. Et si j'oublie dans cette lettre de faire mention de quelque chose qui puisse être utile au service de Dieu, je recommande au Très Haut d'inspirer à la sagesse de tous les Pères et Frères ce qui peut contribuer à sa plus grande gloire. Ensuite, pour ce qui concerne le bien de mon âme, je compte sur les saints
sacrifices et les prières de mes chers enfants; je sais que leur charité ne me fera pas défaut, qu'ils m'aideront non seulement par les suffrages ordinaires, comme il est prescrit par les Constitutions, à la mort de quelqu'un d'entre nous, mais j'espère qu'ils feront encore davantage pour moi qui en ai bien plus besoin que les autres. Je leur demande, pour l'amour de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, de prier pour moi sans relâche, autant que possible, dès qu'ils apprendront que je serai mort. Je termine, en vous envoyant à tous, selon le pouvoir que m'a accordé Notre- Seigneur, et de sa part, mille bénédictions, non seulement aux membres présents de l'Institut, mais encore à ceux qui y travailleront pour la gloire de Dieu, jusqu'à la fin du monde. Mon désir et ma volonté, c'est que cette lettre se conserve, ad perpétuant rei memoriam, dans les archives de la Maison, et que l'on prenne garde qu'elle ne s'égare pas.
« De vos Révérences,
« Le serviteur en Jésus-Christ,
« Rome, 20 juin 1614. »