LIVRE SECOND
nonce, afin qu'il lui inspirât une plus ferme espérance de son salut.
Dans ces derniers jours, quoique exlrêmement accablé par la maladie, il ne cessait jamais de réciter le saint office, et il ne s'en abstenait que lorsque les médecins l'en dispensaient d'une manière expresse, et le temps de la permission étant expiré, quoiqu'il lui restât à peine quelque souffle, il leur fit demander une nouvelle permission. Le Père préfet lui dit : « Vous êtes si mal qu'on parle de vous donner l'Extrême-Onclion, et vous voulez qu'on demande permission? » Camille répondit : « Serais-je à l'agonie, que je voudrais que l'on demandât dispense, pour que ma conscience fût tranquille ; > ce que l'on fit.
il recevait presque tous les jours les visites de différentes personnes de tout rang et de toute qualité, en particulier celle du Père Ferdinand, Général des Carmes déchaussés, son ami intime, auquel le malade disait entre autres choses en se recommandant à lui : « Je vous en conjure, ne m'oubliez pas auprès de Dieu, et faites prier vos Pères pour moi, afin que le Seigneur me fasse miséricorde, et je vous demande cette grâce avec les plus vives instances, parce que j'ai été un grand pécheur, un joueur, un homme de mauvaise vie. » Il fut également assisté par les Pères Alagona et Nigrelli, de la Compagnie de Jésus, et plusieurs autres, et il leur demandait affectueusement des prières.
Dans ce temps-là, Gaspard Massimino, son compatriote, vint le voir. Camille lui avant demandé
pourquoi il était venu à Rome, il répondit que c'était pour délivrer un de ses frères, qui avait été jeté en prison par le Vicaire de Chieti. Camille lui dit de retourner chez lui tranquille, qu'il trouverait son frère libre. Comme il avait encore quelque doute à ce sujet, notre Saint lui répéta quatre ou cinq fois qu'il pouvait s'en aller. Il crut à la parole du serviteur de Dieu, retourna, et apprit que le jour avant sa visite à Camille, on avait mis son frère en liberté.
Tout le temps libre que lui laissaient les remèdes et les visites, il l'employait à entendre des prières et des lectures spirituelles, quil faisait faire à son infirmier. Il aimait beaucoup le Traité de Vautre vie de Lucas Pinelli, et les Commentaires du Symbole des Apôtres, du cardinal Bellarmin.
Le dimanche suivant, 6 juillet, pour satisfaire sa dévotion, il communia, étant à jeun, comme il l'était quand il reçut le saint Viatique, quoiqu'il fût tourmenté par une soif brûlante. 11 ne voulut jamais se rafraîchir la bouche, de peur d'avaler quelque goutte d'eau, mesure de précaution qu'il avait prise toule sa vie, avant de célébrer la sainte messe ou de communier.
Comme il voyait que ses forces l'abandonnaient, il demanda rExtrême-Onction. Ce fut le Père Général François-Antoine Niglio qui lui administra ce sacrement, le 11 du même mois, après avoir dit la messe, à laquelle il lui donna la communion. Dans la confession qui fut pour lui la dernière, il fut favorisé par Notre- Seigneur d'une douleur si vive de ses péchés que, chaque fois qu'il s'accu-