CHAPITRE XXIV
Camille, après avoir reçu la béuédietion du Souverain Pontife, s'endort heureusement dans le Seigneur.
Après avoir recules derniers sacrements, le vénérable Père demanda avec instance qu'on envoyât supplier le Souverain Pontife, Paul V, de lui donner sa sainte bénédiction et lui accorder l'indulgence plénière. Antoine-Lucas Euslachi, camérier et secrétaire de Sa Sainteté, qui avait
une haute estime et une grande affection pour Camille, se chargea de la demande. Ayant obtenu cette grâce, le prélat vint lui-même lui en faire part le jour même où le serviteur de Dieu avait reçu l'Extrême-Onction. Camille lui répondit qu'il ne pouvait recevoir une faveur plus signalée et une plus grande grâce en cette vie, remerciant la Providence de lui avoir accordé de mourir à Rome, pour être consolé par un si grand bien et enrichi par un trésor si précieux. Et il ajoutait : « Que Notre-Seigneur accorde de longues années à Sa Sainteté, et qu'il la conserve de plus en plus dans sa grâce. » 11 remercia également le camérier de la grande faveur qu'il lui avait obtenue.
Le samedi suivant, qui fut le 42 juillet, il fut visité par un grand nombre de Religieux, en particulier par le Père Augustin Carraccioli et le Père François Zazzera, de la Congrégation de l'Oratoire, et le Frère Sanli, Gardien des Capucins. Camille parla avec ce dernier, d'une manière sublime, de l'amour de Dieu, et lui dit entre autres choses qu'il était surpris que la créature n'aimât pas son Créateur, puisque les êtres même dépourvus de raison aiment leurs bienfaiteurs. Quand le Père Zazzera prit congé de lui, il lui dit : « Quand vous entrerez dans le Paradis, saluez en particulier notre cher Père, le bienheureux Philippe, qui, je l'espère, viendra au-devant de vous pour vous recevoir, parce que vous avez été son fils spirituel en cette vie. » Le Père Carraccioli, après s'être placé près de lui et lui avoir demandé avec instance, à genoux, sa bénédiction, lui dit affectueusement en le quittant,