‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 198 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

leur raconta sous la foi du serment ce fait, rendu authentique par un écrit signé par des témoins, indiquant la date, 16 novembre 1614, et il montrait à tout le monde le bras fracturé qui avait été si parfaitement guéri et où il ne restait pas la moindre trace de la cruelle morsure qui avait mis sa vie en danger.

En 1(501, tandis que saint Camille était à Florence, on transporta à l'hôpital un officier atleint d'une esquinancie si violente, que son gosier était complètement fermé; il ne pouvait ni faire sa confession, ni recevoir la sainte Eucharistie, et on lui administra sans délai l' Extrême-Onction. Le Saint, en étant informé, gémit profondément; il craignit que ses Religieux n'eussent été négligents dans cette circonstance. Il se rendit à la hâte auprès du lit du mourant, et, priant le Père Testetta, qui faisait la recommandation de l'àme, de lui céder la place, il s'agenouilla, et tint ensuite ses mains posées sur la tête du malade l'espace d'un Miserere-, après quoi il se retira. A peine était-il parti, que le moribond se réveilla comme d'un profond sommeil, quitta le lit et alla par l'hôpital, cherchant et appelant à haute voix le Père long qui l'avait guéri en plaçant les mains sur sa tète. Toutes les personnes de l'hôpital furent dans la stupeur à la vue de ce miracle évident. L'officier en faveur duquel il avait été opéré voulut aussi guérir son âme; il se confessa et communia avant ne retourner à sa maison, où il fut reçu avec la joie qu'on peut aisément se figurer après un événement si merveilleux. Lelende-

main matin, saint Camille revint à l'hôpital, et à peine Teut-on aperçu que chacune tournant les regards vers lui, disait : C'est lui qui l'a guéri ! en sorte que l'humble serviteur de Dieu tout confus se retira à l'instant. Le bruit de ce miracle si surprenant se répandit dans la ville de Florence, et à peine quatre jours s'étaient écoulés que, tandis que notre Saint conversait avec les Pères Ilario et Giomei et leur donnait quelques avis, un homme appelé Antoine se prosterna devant lui, et, lui baisant les pieds, lui dit qu'il avait dépensé son patrimoine en remèdes, sans avoir pu être guéri parles médecins d'une fièvre quarte qui le tourmentait depuis plusieurs années; il le supplia de venir à son secours et de lui rendre la santé. L'humble Saint en fut très mortifié, et leva les yeux au ciel comme pour se plaindre de ce que ces deux Religieux avaient conseillé à ce pauvre homme de s'adresser à lui; se tournant ensuite vers le suppliant : « Dieu vous pardonne ! dit-il, est-ce que je puis vous rendre la santé ? vous vous méprenez. » Et il répéta plusieurs fois ces paroles. Mais le malade persista, et se recommanda à lui avec plus d'instance. Alors Camille, qui ne voulait pas le renvoyer sans le consoler, se tourna vers l'autel du très saint Sacrement, en disant : c Trèsbien, mon frère; allez là, et récitez cinq Pater et cinq Ave en l'honneur des Cinq Plaies de Notre- Seigneur,caril peut et veut vous rendre la santé. » Le malade obéit promptement et fut promptement guéri, sans qu'il fût de nouveau tourmenté par la fièvre quarte.

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