‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 199 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Dans la même ville de Florence, un petit enfant, le fils de M. Nero del Nero, se mourait d'un abcès à la tête; il s'appelait Philippe, et était âgé de deux ans. Il avait déjà perdu l'usage de la parole, et ne connaissait plus, même quand sa propre mère l'appelait. La famille avait une grande vénération pour saint Camille, qui avait été parrain de l'enfant. On se hâta donc de lefaire venir. Il se rendit sans délai, fit le signe de la croix sur sa tête, et dit aux parents profondément affligés : « Cet enfant ne mourra pas. » L'ayant appelé ensuite par son nom, l'enfant se réveilla aussitôt de sa léthargie, et répondit, à la grande satisfaction des personnes qui l'entouraient; l'abcès s'étant crevé, il fut parfaitement rétabli. Cet événement merveilleux fut raconté par la comtesse Pitigliano, sœur de M. del Nero.

Au mois de mai de l'an 1604, Marchisello Locatelli, Religieux profès de l'Institut, avait reçul'Extrême-Onction, et se trouvait à l'agonie. Il était réduit à une telle extrémité,, que déjà, selon l'usage, les coups redoublés de la cloche avaient averti les Religieux de prier pour lui. Néanmoins, saint Camille, qui l'assistait et le soutenait avec la main, déclara hardiment qu'il ne mourrait pas. Les médecins qui étaient présents le tournaient en ridicule, disant qu'il ne survivrait pas un quart d'heure ; et quelques autres personnes disaient également à voix basse : * Cette fois Camille n'est pas bon prophète. » Mais les uns et les autres furent confondus, car le moribond recouvra la santé, et vécut encore plusieurs années.

L'année suivante, Joseph Russo, novice à Naples, avait reçu l'Extrême-Onction, et était dans un danger imminent de mort. Toutefois saint Camille ne pensa pas que son état fût tout à fait désespéré, et pria le médecin de prescrire quelque chose et de ne pas l'abandonner sitôt. Le médecin sourit, et répondit que prescrire des remèdes était chose inutile, qu'il n'avait que quelques heures à vivre. Notre Saint néanmoins ne se découragea pas si facilement, et il renouvela ses prières avec plus de persistance, au point que le médecin fâché commença à écrire, et prescrivit certaines pilules, murmurant, tandis qu'il écrivait : « Ces pilules ne feront que hâter sa dernière heure. » Camille resta toute la nuit dans la chambre du malade, lui administra ces pilules de ses propres mains, et recommanda le patient à Dieu. Au point du jour, le médecin retourna et demanda au portier à quelle heure le novice était mort. Le portier répondit que la fièvre avait cessé à minuit; mais le médecin ne pouvait croire ce qu'on lui disait : il courut à la chambre du malade, pour se satisfaire, et letrouvantréellement sans fièvre et parfaitement rétabli, il s'écria : « Ce ne peut être que l'œuvre du Père Camille ! »

En 1606, demeurait dans un couvent, à peu de distance de Savone, un Religieux, prêtre, appelé F. Aligrando, qui, étant allé le soir dans le jardin cueillir des plantes, s'était piqué à un doigt de la main gauche. Il ne fit pas d'abord trop d'attention à cette piqûre; mais la douleur et l'enflure augmentant, et n'ayant près de lui aucun médecin

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