CHAPITRE XXIX
Grâces et guérisoii3 miraculeuses obtenues de Dieu par l'intercession de saiut Camille après son heureuse mort.
Dans la longue période de près de trois siècles qui s'est écoulée depuis l'heureuse mort du Saint, le Très Haut n'a cessé d'opérer des miracles en faveur de ceux qui, animés d'un esprit de foi, ont eu recours à son intercession, l'honorant par des prodiges si nombreux et tant de faveurs signalées qu'on pourrait en remplir plusieurs volumes (1). Nous ne cueillerons que quelques épis de cette abondante moisson, nous relaterons seulement les miracles les plus éclatants, confirmés par les procès apostoliques, les plus propres à donner une haute idée des mérites de saint Camille, et à inspirer aux fidèles un plus grand désir de lui adresser des hommages respectueux et à implorer son puissant secours.
Parmi les nombreux visiteurs qu'attira le bruit de la sainteté du serviteur de Dieu et des miracles qu'il opérait, se trouva une femme appelée Marguerite, de Bologne. Perçant la foule et se précipitant hardiment à travers la haie des soldats, elle s'approcha du cercueil dans lequel reposait le
(1) Les personnes qui désireraient en connaître un plus graud nombre peuvent consulter sa biographie par les Oratoriens de Londres, The Life of S. Camillus ofLellia. London,
corps béni. Elle y plaça avec une sainte ardeur son neveu âgé de cinq ans, appelé Giovannino, suppliant avec une foi très vive saint Camille de le délivrer d'une faiblesse générale qui affectait tout le corps, et en particulier le bras droit qu'i ne pouvait remuer. Si prière fut exaucée. La contraction des nerfs du bras droit disparut, le corps reprit toutes ses forces, et cette femme emporta joyeusement l'enfant parfaitement rétabli. Une autre enfant du même âge, nommée Vittoria Torriani, avait également les mains et les pieds perclus. La mère, pleine de confiance, prit un chapelet appartenant au Saint, qui était mort depuis quelques jours. Elle l'appliqua sur les membres malades de l'enfant, en invoquant le Saint, et elle les vit aussitôt entièrement guéris.
Diambra Spina, âgée de quarante ans, était atteinte, d'après l'avis des médecins qui la soignaient depuis plusieurs mois, d'une hydropisie chronique. Tous les secours de l'art étaient vains, et cette pauvre femme, ne pouvant rester debout à cause de l'enflure extraordinaire de tout son corps, se voyait tristement reléguée dans son lit de douleurs. La maladie était déclarée incurable. Tandis qu'elle déplorait son sort malheureux, elle se rappela les merveilles que le Seigneur opérait par les mérites de saint Camille, décédé depuis peu. Dans l'espoir d'être soulagée, elle désira donc aller visiter son tombeau. Mais l'accomplissement de ses désirs était rendu presque impossible par son extrême faiblesse et la pesanteur énorme de son corps. Néanmoins, prenant courage, elle se