‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 205 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

met en marche, et s'avance lentement, tantôt appuyée sur son mari, tantôt appuyée sur un bâton. Elle arrive, se prosterne jusqu'à terre, et les bras étendus, elle prie en répandant beaucoup de larmes, et implore la protection du Sint. En se relevant^ elle trouva que sa prière avait été en partie exaucée, car l'enflure avait diminué, et elle était moins oppressée par le poids de son corps. Elle retourna chez elle avec moins de difficulté, et quand elle revint le lendemain pour renouveler ses prières sur le saint tombeau, le miracle fut entièrement accompli. Elle rejeta son bâton, n'eut plus besoin de soutien; l'enflure disparut, et ce fut pour toujours.

Joseph Smeraldi, petit garçon de quatre ans, ne pouvait pas articuler le moindre mot, de sorte qu'on supposait qu'il était muet; outre cela, il avait une organisation si défectueuse, que tous ses membres étaient affectés par une complication de maladie qui résistait à tous les remèdes. Il était horriblement contracté dans la partie inférieure du corps, sujet à de fréquentes attaques d'épilepsie, ainsi qu'à une fièvre lente qui le consumait insensiblement, et enflammait le sang dans ses veines. Réduit à l'extrémité, on avait préparé son suaire. Sa mère désolée courut au tombeau du Saint, et après l'avoir fait toucher par l'enfant elle l'y déposa. L'enfant s'endormit aussitôt d'un sommeil paisible, et il avait à peine ouvert de nouveau les yeux qu'il put faire usage de ses membres et de sa langue ; après quoi la fièvre cessa complètement ainsi que toute autre indisposition, et il re-

tourna à sa maison, parlant avec aisance et marchant d'un pas rapide. Il conserva toujours la santé qu'il avait obtenue d'une manière si miraculeuse.

Au mois de mars 1685, Dom Joseph Garaï, officiel' d'un régiment de cavalerie, appelé au service d'Espagne c îles Mignons, i se promenant à cheval dans un pré, non loin de Madrid, reçut un coup de pistolet chargea balle dans la région du cœur. C'était un misérable, appelé Giovanni, qui par esprit de vengeance avait tiré sur lui. Dom Joseph ainsi frappé se crut mort; mais, n'éprouvant aucune douleur, il mit pied à terre pour examiner la blessure qu'il pensait avoir reçue, et quil s'imaginait devoir être large et profonde, d'après l'ouverture que les balles avaient faites à ses habits déchirés. Mais il ne tarda pas à s'apercevoir que, à l'exception de ses vêtements, il n'avait nullement souffert, protégé par un morceau de la che. mise de saint Camille, qu'il avait placée sur son cœur et qu'il portait sur lui dans une petite bourse cousue à cette partie de ses habits. Il fut confirmé dans son opinion quandil vit que, des deux balles, l'une était entière dans la même bourse, et l'autre entièrement aplatie entre la bourse et le vêtement. Effrayé à la vue du danger auquel il venait d'échapper, et plein de reconnaissance pour le protection de son bienfaiteur, il alla promptement avec deux témoins faire la déposition de ce miracle signalé devant l'autorité compétente.

Bernardin Pegorino souffrait d'une fièvre maligne qui, le quinzième jour, fut reconnue incurable par les médecins, lesquels déclarèrent qu'il

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