LIVRE SECOND
suite de la défectuosité des organes qui aident à la respiration, était, même dans le sein de sa mère, afîectee de l'asthme. Elle respirait avec tant de difficulté, dans son enfance, qu'elle ne pouvait être allaitée qu'avec peine, et qu'elle était même obligée de s'arrêter de temps en temps quand elle prenait sa nourriture. La maladie s'accrut avec le temps, et dans des proportions plus alarmantes que semblait le comporter l'âge si tendre de l'enfant. Bossue, rachitique, affreusement contrefaite de sa personne, c'était un spectacle navrant que de la voir et de l'entendre, tellement elle éprouvait de la difficulté à respirer. Elle ne pouvaitpas même rosier couchée dans son lit. Quelquefois elle était si oppressée par cette douloureuse maladie, qu'elle se déballait par terre, entrant en convulsion, comme si elle eût été sur le point de ren ire le dernier soupir. A cette infirmité se joignaient d'autres maladies non moins cruelles, telles que douleurs de côtés, inflammation des intestins, crache nenls de sang, de sorte que toutes ces souffrances multipliées l'avaient conduite aux portes du tombeau. Malgré tous les remèdes, son état ne faisait qu'empirer, et les médecins déclarèrent le mal incurable. Au mois de juin 1742, elle reçut la visite de Camille Baldini, qui peu auparavant, par l'intercession de notre Saint, avait obtenu la guérison d'une fistule invétérée à l'œil droit, dont son fils se trouvait affligé; celle-ci l'engagea à se recommandera saint Camille, l'assurant qu'il lui rendrait aussi la santé. Les paroles de son amie, et surlout l'exemple récent de la
guérison de son fils, firent impression sur l'esprit, de la malade; après avoir supplié avec ferveur le Saint de venir à son aide, elle prit un peu de la poussière miraculeuse et au même instant toutes les douleurs cessèrent. Encouragée par un commencement si heureux, elle appliqua son image sur la poitrine; après quoi s 'étant mise tranquillement au lit, — ce qu'elle ne pouvait faire auparavant, — elle goûta les douceurs d'un sommeil paisible, et se réveilla tout autre que ce qu'elle était. Car non seulement la difficulté de respirer et l'oppression disparurent, mais tandis qu'elle était auparavant, comme nous l'avons dit, courbée et contrefaite, elle devint droite, ayant le corps dispos, apte à toutes les fatigues du ménage, de sorte qu'une guérison si complète, si instantanée, fut regardée par les témoins comme une faveur que Dieu lui accordait pour honorer et glorifier saint Camille, ce que déclarèrent les médecins dans leurs attestations juridiques.
La ville de Marino était destinée à être témoin du second prodige qui mérita d'être déclaré solennellement authentique, parun décret du Saint-Siège apostolique pour la canonisation de saint Camille. Ce fut la guérison soudaine de Marguerite Castelli, de la même ville. Même avant sa naissance son sang avait été tellement infecté, qu'à 1 âge de deux mois, de petites pustules pleines de matières corrompues couvrirent son corps, et tous les secours de la médecine ne purent les faire disparaître. Après diverses consultations, des hommes compétents avouèrent que le mal était incurable, et sou-