‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 214 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

sant des cris d'alarme. Ils ne réussirent à échapper à leur terrible agresseur qu'en invoquant le très saint nom de Jésus. Leur terreur fut telle, qu'ils en tombèrent malades.

Dans une circonstance semblable, deux autres Religieux de Camille rentrant, après avoir accompli leur ministère, passaient à la même heure de nuit, près de la tour Sanguigna, lorsque l'un d'eux reçut un violent coup de pierre au côté. Il lui fut impossible de retrouver la pierre et de découvrir l'endroit d'où elle avait été lancée. Il vit en même temps un gros oiseau noir, de forme inconnue, qui volait en tournoyant au-dessus de la tête de son compagnon, terrifié à la vue de cette vilaine bête.

A leur retour du bourg Saint-Ange où ils avaient exercé leur sainte mission près des agonisants, deux autres Religieux passaient à une heure avancée de la nuit tout près du pont. Ils y entendirent une voix si étrange et si terrifiante à la fois, qu'ils en furent saisis d'horreur et laissèrent tomber de leurs mains la lanterne qui les éclairait.

C'est ainsi que l'Enfer s'efforçait, par tous moyens, de s'opposer à l'extension de l'œuvre sainte de Camille et de ses enfants.

Comme on l'a vu au sujet de notre Saint, ce fut surtout des possédés que les démons se servirent pour manifester leur rage. Citons encore deux faits survenus, l'un à Rome, l'autre à Bologne, dans les premiers jours de la fondation d'une Maison de l'Ordre en cette ville.

A Rome donc, se mourait à l'hôpital du Saint-

Esprit, un pauvre malheureux victime de l'être infernal qui le tourmentait cruellement. Interrogé par l'un des Religieux Ministres des Infirmes s'il s'était confessé, le démon répond par sa bouche que non et qu'il l'empêchera lui-même de se confesser, afin de le faire mourir impénitent et de l'entraîner dans Penfjr.

Indigné de cette réponse diabolique : * Esprit maudit! s'écrie le Religieux, j'ai confiance en Dieu; tune seras pas vainqueur ici; je vais à l'instant même appeler le confesseur. — N'y va pas, lui réplique l'esprit ma'in, car tu aurais à t'en repentir! > Nullement effrayé de cette menace, le Religieux court, sur-le-champ, appeler le confesseur; mais à peine a-t-il fait dix pas, qu'il se sent cruellement frappé aux jambes et tombe comme mort sur le pavé. Après être resté quelques instants dans cet état, il réussit, en invoquant le très saint nom de Jésus à se traîner jusqu'à la chambre du prêtre et le conduit près du possédé. Ce que celui-ci eut à souffrir de la part du démon est impossible à décrire. Le Religieux, de son côté, essuya toutes les railleries de Satan. « Assez, assez, lui criait-il, tu as engagé la lutte avec nous, nous l'avons engagée avec toi, c'est nous qui la gagnerons.» Mais vains et inutiles furent leurs efforts: le signe Rédempteur de la croix les mit en fuite et le mourant put se confesser dans le plus grand calme.

lors de la fondation d'une maison de l'Ordre, dans la ville de Bologne, il sp passa un fait analogue dont le récit terminera ce chapitre.

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