LIVRE SECOND
elle les oblige à avoir continuellement des livres de piété entre les mains, pour faire des progrès dans la vertu, et s'instruire de tout ce qui se rattache à leur ministère. En aidant à bien mourir, ils unissent la vie contemplative à la vie active; ils prient pour les mourants, leur font la recommandation de Tàme, leur adressent de pieuses exhortations, dont profitent les assistants; les humbles fonctions qu'ils remplissent dans les hôpitaux sont suivies de prières vocales et de divers excercices spirituels. Ils imitent Nôtre-Seigneur, qui passait la nuit en oraison, et guérissait le jour les maladies de l'âme et celles du corps. Ils nourrissent le corps de l'aliment physique qui lui est indispensable, et donnent à lauie cet aliment céleste dont elle a besoin pour vivre de la vie de la grâce.
Ils ne peuvent recevoir aucun salaire, ou rémunération quelconque pour les soins donnes à ceux qui meurent dans les hôpitaux et au dehors; leur unique mobile est la charité, dont ils font profession. Et afin d'écarter tout soupçon à ce sujet, il est expressément défendu dans la Bulle de fondation qu'aucun des Pères engage qui que ce soit à faire un testament en faveur de l'Institut, et se trouve présent quand cet acte est dressé. Néanmoins, si quelqu'un veut spontanément laisser ou donner quelque chose à l'Ordre, on peut l'accepter, comme les autres aumônes, pour l'entretien des Religieux.
La Congrégation admet trois sortes de personnes : les Prêtres, les Frères et les Oblats. Les premiers sont occupés à administrer les sacrements dans les hôpitaux et dans les églises, et à assister
les mourants. Les seconds leur servent de compagnons et de coadjuteurs dans ce ministère, et sont en outre employés à des fonctions qui leur sont propres. Les derniers, exempts de toute obligation envers les malades, s'occupent seulement des services manuels de la Maison, pour laisser entièrement libres les Prêtres et les Frères, lesquels, après deux ans de noviciat, font la même profession des vœux; mais les Oblats servent Dieu volontairement sans aucun vœu.
Outre les quatre vœux solennels dont nous avons parlé, les Pères font quatre autres vœux simples. Le premier, de ne point changer, ni de consentira ce que l'on change la manière de servir les malades, prescrite par les Bulles, à moins que ce soit pour la rendre plus parfaite. Le second, de ne point se charger de l'administration des biens et revenus des hôpitaux. Le troisième, de ne prétendre à aucune place ou dignité dans l'Institut ou au dehors, si on n'y est contraint par le Souverain Pontife sous peine de péché. Le quatrième, si quelque Religieux brigue les susdites dignités, d'en donner avis à la Consulte. Les Frères font les mêmes vœux simples, moins le troisième.
A cause des occupations continuelles et de l'as sistance des malades la nuit et le jour, les Pères ne chantent pas l'office dans le chœur, ni ne vont aux processions, comme le font d'une manière très louable les autres Ordres. Les Prêtres et les autres Religieux engagés dans les ordres sacrés recitent leur office en particulier. Leurs Matines, c'est de veiller en tout temps au chevet des mo-