‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 218 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

ribonds. Et afin que les Pères el les Frères de cette Congrégation se conservassent toujours dans la ferveur et l'amour de Dieu, le Père Camille ordonna dans les règles, entre autres choses, aux Prêtres de célébrer la sainte messe tous les jours, quand ils ne seraient point empêchés, aux Frères, de se confesser et de communier tous les dimanches et les fêtes de précepte, et de faire tous une heure d'oraison mentale, de réciter les Litanies, et de faire chaque jour l'examen de conscience. Quant aux abslinences et autres macérations de la chair, considérant les grandes fatigues auxquelles ils se livrent pour soigner les malades, et parce qu'ils se trouvent sans cesse au milieu des odeurs infectes et méphitiques, qui macèrent plus le corps que toute autre pénitence, il ne voulut pas y astreindre les membres de la Congrégation. Il ordonna seulement que, outre les jeûnes du Carême el des autres jours commandés par l'Église, tous les vendredis ils se privassent d'une partie du repas du soir et se donnassent la discipline en mémoire de la Passion de Notre- Seigneur Josus-Christ, leur défendant de se permettre d'autres actes de pénitence sans une autorisation spéciale du Supérieur ou du Confesseur.

L'Institut est gouverné par un Préfet Général et quatre Consulteurs, ayant tous voix délibérative et prononçant en dernier ressort à la majorité des suffrages, lesquel, étant tous réunis, forment ce qu'on appelle la Consulte générale qui, en dehors du Chapitre, a une autorité suprême sur l'Ordre tout entier. C'est elle qui choisit les

Provinciaux, les Préfets, les Visiteurs et tous les autres dignitaires. Elle seule peut interpréter les Constitutions qui obligent tous les membres, résoudre les difficultés qu'elles pourraient faire naître, choisir ceux qui doivent être ordonnés Prêtres, recevoir les Novices, se charger des hôpitaux et en abandonner la direction, et, enfin, de cette Consulte procèdent et dépendent toute autorité et tout pouvoir dans l'Ordre.

Nous ferons observer qu'aucune Règle ou Constitution, excepté les quatre vœux solennels et les quatre vœux simples, n'oblige sous peine de péché mortel ou véniel, mais seulement d'encourir la punition temporelle imposée par les Règles ou les Supérieurs.

A l'époque de la mort de saint Camille, son Ordre avait tellement prospéré, qu'il était établi dans seize villes des plus célèbres d'Italie, savoir : Rome, Naples, Milan, Bologne, Messine, Païenne, Florence, Ferrare, Mantoue, Gènes, Viterbe, Bocchianico, Chieti, Borgo-Nuovo, Calatagirona, et Sessa, où il fut fondé la dernière année de sa vie (1).

Il était mort, y compris les Profes et les Novices, deux cent vingt Religieux victimes de l'obéissance et de leur dévouement au service des malades. Saint Camille perdit entre autre Bernardin Norcino, et les Pères François Profeta et Curzio Lodi, ses piemiers compagnons, tous trois

(1) Depuis 1870 l'Ordre de Saint-Cuuiille a des Maisons eu Frauee, eu Hollande et eu Belgique. Elles forment aujourd'hui la Proviuce française de l'Ordre, dont la maison principale est celle de Lille.

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