LIVRE PREMIER
présenta à l'esprit de Camille, en 1582, aux approches de la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge.
Dans ce premier dessein, qui fut comme une ébauche d'où la Providence fit naître cet Institut, Camille n'eut d'autre pensée que de former une Congrégation de laïques, destinée seulement au service des pauvres de l'hôpital de Saint-Jacques et des autres de la ville de Rome. Mais Dieu, qui veille avec tant de soin au salut des âmes, donna de l'accroissement à cette petite semence, qui devint un arbre immense dont les branches servirent d'abri à une foule de saints religieux, et dont l'ombre bienfaisante protégea des milliers d'âmes contre la rigueur des flammes éternelles.
Ce divin Sauveur fait éclater sa puissance, quand il se sert d'hommes en apparence incapables des grandes actions, qu'il leur fait entreprendre pour sa plus grande gloire. Il donne à un pécheur, à Pierre, le commandement de son Église; il choisit Moïse, simple berger, pour être le Dieu de Pharaon et le libérateur de son peuple; à l'humble et pauvre Camille, il confia le soin difficile de fonder un nouvel Institut, sans se mettre en peine de son ignorance et de son incapacité pour une œuvre si héroïque: mais qui peut résister à la volonté divine?