‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 23 sur 237 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Des premiers compagnons qui suivirent Camille, et de la première persécution que le démon suscita pour détruire la Congrégation.

Gomme le Prophète royal, Camille n'accordait ni sommeil, ni repos à ses yeux, ni trêve à ses affectueux désirs, continuellement occupé de ce pieux dessein. Il adressait à Dieu de ferventes prières accompagnées de larmes, déjeunes, de disciplines et autres afflictions corporelles, afin que, si telle était sa volonté, il se plût à perfectionne/ en lui ce qu'il avait commencé. On lui a entendu plusieurs fois répéter que, pour faire croître cette nouvelle plante, il lui en avait coûté bien des pleurs, et qu'il avait passé les nuits entières en oraison à genoux sur la terre nue. Dans ce temps-là, il portait sur son corps un ciliée rude et noueux, formé de poils de chameau, et entourait ses reins, en guise de ceinture, d une plaque de fer blanc, armée de pointes aiguës.

Il mit donc la main à l'œuvre, et communiqua son projet à quelques employés de l'hôpital, hommes d'une grande piété, bien dignes de cette confidence. Il en choisit cinq parmi eux, Bernardin Norcino, de Matrice, Curzio Lodi, d'Aquila, François Profeta, de Randazzo, Louis Altobelli, et un autre appelé Bénigne qui, en hommes de cœur, répondirent tous qu'ils étaient prêts à le

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