LIVRE SECOND
autres miracles. Il mourut en Portugal, en 1694, et fut favoriséd'une vision de la très sainte Vierge, qui l'appela à l'éternel repos.
Le Père Nicolas de Morthier, de Tournay, en Belgique, homme d'une immense érudition, fut célèbre paivson habileté dans les langues grecque et hébraïque. Il publia plusieurs savants ouvrages, et édifia tous les Religieux par l'exemple des vertus les plus rares, ce qui lui valut la charge de Général de l'Ordre en 1699. Il gouverna plusieurs années en cette qualité, à la grande satisfaction de l'Institut, car il avait le talent si difficile d'allier la douceur à la sévérité, de concilier le zèle avec la pitié et la compassion. Il mourut de la mort des justes, dans la maison de la Madeleine, à Home, en 1730.
Le Père Pantaleone Doler.a, de Gènes, publia de nouveau en italien, avec des additions, la Vie de saint Camille, qui avait été écrite par le Père Sanzio Cicatelli quelques années après la mort du Saint. Il fut un parfait imitateur des vertus du charitable Fondateur; il était si éloquent et si persuasif, quand il remplissait le ministère apostolique, qu'il convertissait un grand nombre de pécheurs; il leur inspirait des sentiments de pénitence autant par son exemple que par ses discours. Il fut élu Général en 1710, et trois ans après, sa grande humilité lui ayant fait résigner cette charge, il se retira à Turin, où il mourut d'une sainte mort, en
Et enfin, en en passant sous silence un grand nombre d'autres, le Père Martin d'ANuRÉ Pérez, de Castelmimbrez, en Castille, après avoir été professeur au collège d'Alcala et Supérieur de plusieurs Établissements en Espagne, alla propager rinstitut en Amérique, où ses efforts furent couronnas d'un plein succès. Lima fut le théâtre de ses travaux et de sa vie exemplaire. Infatigable dans son zèle pour le salut des âmes, d'une humilité incomparable, très sévère pour lui-même, scrupuleux dans l'observance de ses vœux et de ses règles, très fervent dans la prière, il marcha sur les traces de saint Camille, dont il fit revivre les vertus. Il fut, en outre, favorisé du don de prophétie, de celui des guérisons, et d'autres grâces privilégiées. Il mourut à Lima, le 15 août 1770, dans la soixante-deuxième année de son âge (1).
Les vertus et les œuvres admirables de dévouement des disciples de saint Camille rendirent l'Ordre si vénérable que, même pendant la vie du Saint, plusieurs personnes des deux *sexes prièrent, — ce qui arrive encore de nos jours, — les Ministres des Infirmes de bénir une petite croix de drap semb'able à la leur, qu'elles portaient toujours sur la poitrine, comme un souvenir de la Passion du Sauveur. A Rome, quelques daines du premier rang, désirant également prendre part au bien que les Pères de l'Institut faisaient dans
i. Voir à la fiu le tableau d'une quantité de Religieux morts victimes de leur charité pendant les trois premiers siècles depuis la fondation de l'Ordre.