‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 3 sur 237 · LIVRE PREMIER Ô · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER Ô

Camille naquit un dimanche, le 25 mai de Tan 1550 : c'était l'année sainte, la première du pontificat de Jules III. On célébrait ce jour-là, à Bocchianico, la fête de saint Urbain, pape et martyr, patron de cette ville. On voyait partout des processions, des chars de triomphe, des croix, des étendars : la foule se livrait à de saintes réjouissances. Il semble que Dieu voulût manifester la joie qu'apportait au monde la naissance de cet enfant, qui devait procurer tant de gloire à sa patrie et à la chrétienté tout entière.

Camille s'était rendue de grand matin à l'église du martyr, pour y entendre la messe; — c'était une dame très pieuse ; — elle était à genoux, plongée dans un profond recueillement ; au moment de l'élévation de la sainte hostie, l'enfant, comme saint Jean-Baptiste, tressaillit en présence de son Créateur, et elle fut aussitôt saisie par les douleurs de l'enfantement, qui la forcèrent de se retirer chez elle. Elles furent si violentes, que l'on comprit aisément que l'accouchement serait heureux: on la plaça sur une chaise. Les souffrances redoublèrent, et Camille, étant comme hors d'elle-même et cédant à un violent entraînement, se fit descendre dans l'étable, et là, s'étant jetée sur la paille, elle accoucha sans difficulté. Camille, en venant au monde, n'eut d'autre demeure et d'autre couche que celle qu'avait eue son Dieu et son Seigneur. Deux jours après, il fut baptisé par l'archiprêtre Corrado, et fut tenu sur les fonts sacrés par Gentile, baron de Torricella, et Simona d'Ugni, son épouse.

Page 1