CHAPITRE II
Premières années de Camille. Mort de son père. II fait vœu de se faire Franciscain. ■
L'éducation de Camille fut celle du fils de soldat. Quand il eut atteint un certain âge, il fut envoyé à l'école, où il apprit à peine à lire et à écrire. Dès ses premières années se manifestèrent ses funestes inclinations pour les jeux de carte et de dé. Il s'amusait à déclamer des poésies pastorales, ce qu'il faisait avec une grâce charmante. Parvenu à l'âge de dix-neuf ans, il résolut, avec deux de ses cousins, de suivre son père, d'entrer comme lui dans la carrière militaire, dans laquelle s'étaient distingués quelques-uns de ses ancêtres. Dans leur premier voyage, ils arrivèrent à Ancône, où ils étaient sur le point de s'emb irquer, pour servir sous les drapeaux vénitiens contre les Turcs. Le père et le fils tombèrent dangereusement malades d*ns cette ville, et, se voyant incapables de supporter les fatigues de la guerre, ils résolurent de retourner à Bocchianico. Arrivés à San- Lupidio, lieu peu éloigné de la sauta casa de Lorette, le mal de Jean de Leliis empira, et quelques jours après, il mourut dans la maison d'un autre capitaine, son ami, fortifié par le secours des derniers sacrements qu'il reçut avec les plus heureuses dispositions. Rare bonheurpour un soldat de ne pas mourir sur un champ de bataile dans la fureur du