LIVRE PREMIER
mal située, Camille fut contraint d'aller se faire guérir à l'hôpital de Saint-Jacques, dans son ancienne chambre. Les administrateurs la lui donnèrent bien volontiers, espérant qu'il reprendrait son premier emploi. On conduisit Curzio à l'hôpital de Saint-Jean, dans la chambre du prieur Altobelli, qui l'accueillit avec toute la bienveillance d'un ancien frère.
Il n'était resté sur pied que le bon vieux Bernardin, qui secourait tour à tour, avec les plus affectueuses démonstrations d'amitié, tantôt l'un, tantôt l'autre de ses compagnons chéris. Il plut à Dieu de leur faire recouvrer la santé, car il les réservait pour de plus nobles couronnes; et, quoiqu'ils se sentissent faibles et sans vigueur, ils retournèrent à leur église, et continuèrent à aller régulièrement, soir et matin, au grand hôpital du Saint-Esprit, n'étant arrêtés ni par les vents, ni par les pluies, ni par quelque autre intempérie de la saison. Leur genre de vie était si austère, qu'à leur retour, ils avaient pour toute nourriture du pain cuit dans l'eau; et, le plus souvent, pour ne pas perdre de temps à allumer le feu, ils se contentaient de pain et de quelques raisins secs.