‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 47 sur 237 · CHAPITRE XVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIU

Le pape Sixte V confirme la congrégation par un bref apostolique.

La congrégation prenait chaque jour un nouvel accroissement, et voyait entrer dans son sein des hommes courageux qui se dévouaient au service des hôpitaux, et prodiguaient même leurs soins à ceux qui mouraient hors de ces pieux asiles de la charité. Ils suivaient ponctuellement les instructions que leur avait données Camille. Dans la maison, ils ne manquaient jamais de pratiquer l'oraison, les jeûnes, les disciplines, et autres mortifications prescrites. Camille pensa qu'il n'était pas convenable que tant de personnes vécussent en communauté, sans l'assentiment et la bénédiction du Souverain Pontife. Il ne connaissait aucun cardinal, car, tout entier au service de ses pauvres, il se souciait peu de fréquenter les demeures des grands : ce moyen lui manquait pour faire arriver jusqu'au Saint-Père l'expression de ses vœux et de ses désirs. Il demandait à Dieu avec ferveur de le délivrer de cette peine intérieure, et Dieu, qui le secourut constamment dans toutes ses vicissitudes, exauça sa prière, et lui procura dans cette circonstance un protecteur puissant et éclairé.

Notre serviteur de Dieu, se trouvant un jour près de l'hôtel du duc Muti, où habitait le cardinal

Mondovi, s'aperçut que celui-ci était descendu jusqu'à la porte pour accompagner un autre

cardinal, conformément à l'étiquette du Sacré Collège. Il crut voir dans le cardinal Mondovi, d'après son extérieur affable, un prince d'une grande bonté, et précisément l'homme qu'il lui fallait pour seconder ses vues. Quoiqu'il ne le

connût pas, et qu'il ne lui eût jamais parlé, plaçant toute sa confiance en Dieu, sans autre préambule, il lui fait part de son genre de vie, de ses occupations, le prie de vouloir bien aider de son crédit sa congrégation naissante, et en dire un mot au Souverain Pontife, afin qu'il lui donnât son approbation»

Le cardinal fut édifié de la sincérité et de la candeur avec laquelle lui parla Camille, et du zèle qu'il déployait pour secourir les indigents. Il lui demanda s'il y avait dans Rome quelqu'un qui le connût, et pût lui donner des renseignements sur sa personne. Camille nomma quelques seigneurs romains, et entre autres Virgile Crescenzio et Patrizio Patrizzi; le cardinal lui dit que ces deux là suffisaient, qu'il fût tranquille, et qu'il l'aiderait. Il prit des informations auprès de ces grands, qui lui parlèrent beaucoup de la bonté et des vertus du serviteur de Dieu, des soins continuels qu'il prodiguait aux pauvres, et du zèle ardent qu'il montrait pour les secourir. Le cardinal fut surpris qu'un homme sans letlres eût entrepris une œuvre si utile et si méritoire; il y reconnut clairement le doigt de Dieu. 11 se sentit sur-lechamp de l'affection pour lui, et quelques jours

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