‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 88 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

son compagnon, s'était fait chrétien. Le maître, qui était un homme pieux, se rendit à la maison des Pères, les priant d'essayer d'amollir ce cœur endurci. Le supérieur vint rendre visite au vieillard, et le trouva presque expirant. Il commença par l'engager vivement à devenir chrétien. En santé, ce malheureux montrait une grande obstination; mais, dans ce moment suprême, Dieu dans sa miséricorde, dompta son opiniâtreté. 11 donna à entendre par les gestes qu'il fit avec les mains et la tête, et par quelques paroles mal articulées, qu'il voulait être chrétien, et qu'il regrettait de ne l'avoir pas été auparavant. On appela le curé de Saint-Antoine, lequel, arrivant, accompagné de quatre prêtres, le baptisa et inscrivit son nom sur le registre, ce qui causa une grande joie à tous ceux de la maison. Il courut à l'église, pour lui donner le saint Viatique; mais, à peine de retour, le néophyte expira dans les plus heureuses dispositions, joyeux, comme s'il avait eu le bonheur de recevoir son Sauveur, car, s'il ne reçut pas le roi de gloire, il mourut en sa présence. Les grands avantages que les malades et les mourants retiraient de l'assistance de Camille et de ses compagnons, et les améliorations importantes apportées dans les hôpitaux que notre saint visita, engagèrent les Souverains Pontifes non seulement à approuver son Institut, mais aussi à le combler d'éloges et à l'enrichir d'innombrables privilèges. Sixte V, dans la Constitution par laquelle il donna son approbation à l'Ordre, après avoir fait observer que la charité pour les pauvres malades, en parti-

culier ceux des hôpitaux, est très-agréable à Notre Seigneur, ajoute : « Notre bien-aimé fils, Camille de Lellis, prêtre du diocèse de Chieti, et ses autres compagnons, considérant combien est méritoire aux yeux de Dieu et nécessaire pour le salul des âmes l'accomplissement de ce devoir, ont montré de nos jours pour les pauvres de Jésus- Chrisl dans les hôpitaux la même tendresse qu'une mère pour son fils unique, et ont donné des preuves de cette tendre affection envers eux, en les exhortant à la patience par tous les moyens que peut suggérer un ardent amour, en invitant les uns à recevoir les Sacrements de l'Église, en consolant les autres, et en les aidant nuit et jour à bien mourir. » Et peu après le même Pape ajoute ces paroles remarquables : « Espérant que cet Institut fournira le remède convenable aux désordres et aux dangers auxquels sont souvent exposés les malades par défaut de ministres suffisants, et qu'il sera utile pour le salut de l'âme et du corps, et fera descendre sur les fidèles les bénédictions célestes... > Il répète à peu près la même chose dans le second Bref par lequel il accorde aux Ministres des infirmes la permission de porter la croix sur leurs habits. Grégoire XI V, en érigeant l'institut de Camille en Ordre religieux, au commencement de sa Bulle, donne les plus grandes louanges à saint Camille et à sa Congrégation. C'est ce qu'on lit encore dans les bulles de confirmation et des privilèges concédés par les papes Urbain VIII, Paul V, et d'autres que nous omettons pour abréger.

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