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LUTTBS ET TRIOMPHE 61
déconvenue une de ces blessures qui, chez les hommes vulgaires, ne guérissent jamais.
S'il avait fourni sans compter l'argent englouti par des folies qui permettaient à son fils de marcher de pair avec les jeunes nobles, il ne pouvait se résigner à le voir donner à pleines mains à tous les mendiants des chemins.
François, sans cesse perdu dans ses rêveries et passant ses journées à errer seul dans la campagne, ne lui était plus d'aucun secours. Les mois s'écoulaient, et la distance entre ces deux hommes grandissait toujours, sans que la douce et insignifiante Pica put rien faire pour prévenir une rupture qui apparaissait désormais comme inévitable. François n'eut bientôt qu'un désir, celui de fuir la demeure où au lieu d'amour il ne trouvait que reproches, tourments, criailleries.
Le fidèle confident de ses premières luttes avait été obligé de le quitter, et cette solitude absolue pesait beaucoup à son cœur chaud et aimant. Il fit ce qu'il put pour en sortir, mais personne ne le comprenait. Les idées qu'il commençait à exprimer timidement, n'amenaient chez ceux auxquels il parlait que des sourires de moquerie ou le hochement de tête des gens sûrs de leur raison en présence de celui qui marche droit à la folie. Il alla même s'en ouvrir à l'évèque, mais celui-ci ne comprit pas davantage des projets vagues, incohérents, remplis d'idées irréalisables et peut-être subversives ^.
C'est ainsi que malgré lui, François était amené à ne rien demander aux hommes, mais à s'élever par la prière