Soc. 16; Bon
celui qui avait été son confident au retour de Spolète. Qaoi qu'il en soit, il reçut de lui une tunique et reprit quelques jours après la route de son cher Saint-Damien^.
Il n'y revint cependant pas tout droit ; avant de commencer à restaurer le petit sanctuaire, il voulait revoir ses amis les lépreux, leur raconter à.eux aussi sa grande victoire, leur promettre de les aimer encore plus que par le passé.
Depuis sa première visite à la maladrerie, le brillant cavalier était devenu un pauvre mendiant ; il arrivait les mains vides, mais le cœur débordant de tendresse et de compassion. Installé au milieu de ces malades il leur prodigua les soins les plus touchants, lavant et essuyant leurs plaies, d'autant plus doux et radieux que les plaies étaient plus repoussantes 2.
L'éblouissement d'amour que l'enfant a pour sa mère, le malade délaissé l'a pour celui qui va le visiter. Il le croit tout-puissant; à son approche les crises les plus douloureuses s'apaisent ou disparaissent.
Cet amour inspiré par la sympathie d'un cœur affectueux peut devenir si profond qu'il semble parfois surnaturel ; on voit des moribonds reprendre connaissance pour regarder une dernière fois, non les membres de leur famille» mais l'ami qui a tâché d'être le rayon de soleil
1. 1 Gel. 16; Bon. 21. Les curieux liront avec intérêt sur le voyage à Gubbio un article de M. Mezzatinti intitulé S. Francetco e Frederico Spadalunga da Guhbio [Miscellanea, t. V, p. 76-78]. Ce Spadalunga de Gubbio a bien pu donner un vêtement à François, mais il est fort possible que ce don ait été fait beaucoup plus tard, et qu'on l'ait fixé à cette date solennelle de la vie du Saint, par une sorte d'illusion d'optique, presque inévitable, par suite du rapprochement du fait et du nom de la localité.