Gel. 17; Bon. 11; 13; 21; 22; 3 Soc. 11; A. SS. p
de leurs dernières journées. Les liens du pur amour sont plus forts que ceux de la chair et du sang. François en fit bien des fois la douce expérience; dès son arrivée à la léproserie, il sentit que s*il avait perdu sa vie, il allait la retrouver.
Encouragé par son séjour au milieu des lépreux, il retourna à Saint-Damien et se mit à Tœuvre, plein de joie et d'ardeur, le cœur aussi ensoleillé que la plaine d'Ombrie en ce beau mois de mai. Après s'être confectionné un costume d'ermite, il commença à aller sur les places et dans les carrefours de la ville. Là, après avoir chanté quelques cantiques, il annonçait aux gens rassemblés autour de lui son projet de restaurer la chapelle : <c Celui qui> me donnera une pierre, ajoutait-il avec un sourire, aura une récompense ; celui qui m'en donnera deux, aura deux récompenses; celui qui m'en donnera trois, aura trois récompenses. »
Beaucoup le traitaient d'insensé, mais d'autres se laissaient émouvoir au souvenir du passé. Quant à lui, sourd aux moqueries, il ne s'épargnait aucune peine, emportant sur ses épaules, si peu faites pour un dur labeur, les pierres qu'on lui donnait^.
Pendant ce temps, le pauvre prêtre de Saint-Damien sentait son cœur s'éprendre d'amour pour ce compagnon dont il avait été d'abord si embarrassé et s'efforçait de lui préparer ses mets préférés. François s'en aperçut bientôt. Sa délicatesse s'alarma des charges qu'il imposait à son ami et le remerciant, il résolut d'aller de porte en porte pour mendier sa nourriture.
Ce ne fut pas sans peine. La première fois, lorsqu'à