‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 125 sur 257 · Spee. 34 a ; Conform, 219 b 1 ; Ant fr. p · texte numérisé non relu

Spee. 34 a ; Conform, 219 b 1 ; Ant fr. p

mois furent pour leur institution ce que les premières journées de printemps sont pour la nature, lorsque la branche d'amandier fleurit et, témoignant du mystérieux travail qui s'accomplit dans les entrailles de la terre, annonce les fleurs qui presque toutes à la fois viendcont émailler les campagnes.

A la vue de ces hommes, pieds nus, à peine habillés, sans argent et qui semblaient cependant si heureux, les avis étaient fort partagés. Les uns les traitaient de fous, d'autres les admiraient et les trouvaient fort différents des moines girovagues, celte plaie de U chrétienté.

Quelquefois pourtant les frères trouvaient que le succès ne répondait pas à leurs efforts, que le mouvement de conversion des âmes ne se dessinait pas avec assez de rapidité et de vigueur. François, pour les encourager, leur faisait alors part de ses espérances et de ses visions: cJ*ai vu une multitude d'hommes qui venaient h nous, demandant à recevoir l'habit de notre sainte religion, et voici, le bruit de leurs pas résonne encore à mes oreilles. Je les ai vus venir de partout et remplir les chemins. »

Quoi qu'en disent les biographes^ François ne prévoyait guère de quelles tristesses serait suivi ce prompt accroissement de son Ordre. Pas plus que la vierge s'appuyant tremblante et ravie sur le bras de son fiancé ne songe aux: douleurs de la maternité, il ne songeait à la lie qu'il devait boire après s'être enivré du vin généreux du calice^.

Toute œuvre qui prospère provoque l'opposition par

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