‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 131 sur 257 · Soc. 46; i Gel. 32; Bon · texte numérisé non relu

Soc. 46; i Gel. 32; Bon

s. FRANÇOIS ET INNOCENT III i05

nait jusqu'à lui ses branches^. II se réveilla plein de joie, sûr du boa accueil que leur réservait le souverain poQlire.

Ses espérances devaient être un peu déçues : Innocent III occupait depuis douze ans la chaire de saint Pierre. Jeune encore, énergique, résolu, il avait cette surabondance d'autorilé que donne le succès. Venant après le faible Célestin III, il avait su en quelques années reconquérir le domaine temporel de l'Église et imposer l'influence papale de façon à réaliser presque les rêves de théocratie de Grégoire VII. il avjftt vu le roi Pierre d*Aragon se déclarer son vassal- et venir déposer sa couronne sur le^tombeau des apôtres pour la recevoir de ses mains. A l'autre bout' de l'Europe, Jean sans Terre était obligé de recevoir la sienne d'un légat, après avoir juré hommage, féauté et tribut annuel au Saint-Siège. Prêchant l'union aux villes et aux républiques de la Péninsule, faisant éclater le cri ITÂLI A ! ITALIA ! comme un coup de clairon, il était le représentant naturel du réveil national, et semblait en quelque sorte le suzerain de l'empereur, comme il l'était déjà des autres rois. Enfin, par ses efforts pour purifier l'Église, par son indomptable fermeté à défendre la morale et le droit dans l'affaire d'Ingelburge et dans bien d'autres, il conquérait une force morale qui, dans ces temps si troublés, était d'autant plus puissante qu'elle était plus rare.

Mais ce pouvoir incomparable avait ses écueils. A force de défendre les prérogatives du Saint-Siège, Innocent oublia que l'Eglise n'existe point pour elle-

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