‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 149 sur 257 · Gel · texte numérisé non relu

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«Voici une exhortation que toas les frères peavent faire quand ils le croiront bon : Craignez et honorez Dieuy louez-le et bénissez-le. Rendez-lui grâces. Adorez le Seigneur^ le Dieu tout-puissant, dans la Trinité et dans Tunité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Repentez-Yousy faites des fruits dignes de la repentance, car vous savez que nous mourrons bientôt. Donnez, et il vous sera donné. Pardonnez, et il vous sera pardonné ; car si vous ne pardonnez pas. Dieu ne vous pardonnera pas. Heureux ceux qui meurent repentants, car ils seront dans le royaume des cieux... Abstenezvous soigneusement de tout mal, et persévérez jusqu'à la fin dans le bien. <»

On voit combien cette première prédication franciscaine clail simple et toute morale. Les broussailles du dogme et de la scolaslique en sont totalement absentes. Pour comprendre combien cela fut nouveau et rafraîchissant pour les âmes, il faut étudier les disciples venus après lui.

Avec saint Antoine de Padoue (f 13 juin 1231, canonisé en 1233^), qui fut le plus illustre, la chute est immense; la distance entre ces deux hommes

1. Cap, 21. Cf. Fior. I consid.; 48; 30; Conform, 103 a 2; 2 Gel. 3, 99; 400; 421. V. Mûller, Anfànge, p. 487.

2. V. ses Opéra omnia postillis illustrata, par le P. de la Haye, 1739, in fo. Pour sa vie, Surius et Wadding ont arrangé et tronqué les sources qu'ils avaient sous les yeux ; les BoUandistes n*ont eu qu'une légende du XV« siècle. Le manuscrit lat. 44363 de la Nationale, en donne une qui remonte au XIII«. Y. R. P. Hilaire de Paris: Saint Antoine de Padoue^ sa légende primitive. Montreuil-sur- Mer, Imprimerie Nolre-Dame-des-Prés 4890, 4 vol. in-8o. Cf. Legenda seu vita et miraeula S, Antonii sœculo XIII^ eoncinnata ex eod. menib. antoninœ bihliothecœ a P. M. Antonio Maria Josa min. conv., Bologne, 4883, 4 vol. 8«.

est aussi grande que celle qui sépare Jésus de saiut Paul.

Je n'accuse pas le disciple; il était de son temps eo ne sachant pas dire simplement ce qu'il pensait, en voulant toujours le quintessencier, ou l'extraire par des efforts à la fois laborieux et puérils de passages de la Bible détournés de leur sens naturel: ce que les alchimistes faisaient en combinant sans cesse de bizarres mélanges, et en se figurant qu'ils en feraient sortir de l'or, les prédicateurs le faisaient sur les textes pour ea faire sortir la vérité.

L'originalité de saint Frangois n'en est que plus éclatante et plus méritoire ; avec lui la simplicité évaugélique reparaît ^. Comme l'alouette, à laquelle il aimait tant à se comparer^, il n'était à l'aise qu'en plein ciel. Il resta ainsi jusqu'à sa mort. L'épitre à tous les chrétiens, dictée dans les dernières semaines de sa vie, répète les mêmes idées dans les mêmes termes, peut-être avec un peu plus d'attendrissement et une nuance de tristesse. Le vent du soir qui lui souffle au visage et emporte ses paroles, leur fait un mystérieux accompagnement.

« Moi frère François, le plus petit de vos serviteurs, je vous prie et je vous conjure par TÀmour qui est Dieu même, avec la volonté de me jeter à vos pieds et de les baiser, de recevoir avec humilité et amour ces paroles et toutes les autres de notre Seigneur Jésus-Christ, de les mettre à profit et de les observer, d

1. Ce caractère éTangélique de sa mission est mis en relief p^ tous ses biographes. 1 Gel. 56; 84; 89; 3 Soc. 25; 34; 40; 43; 45; 48;51;57;2Cel. 3, 8;50;93,

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