‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 152 sur 257 · Fior. 11 ; Conform. 50 b 2 ; Spec. 104 a · texte numérisé non relu

Fior. 11 ; Conform. 50 b 2 ; Spec. 104 a

ayant d'entrer dans TOrdre; mais ce qui est plus étrange encore pour nos mœurs, c'est que les frères s'engageaient souvent comme domestiques ^.

Le cas de frère Égide ne fut pas une exception, c'était la règle. Gela dura peu, car bientôt les frères qui eotraient dans les maisons comme domestiques, y furent traités en hôtes de distinction; mais à rorigioe, ils furent à la lettre des serviteurs, et se chargeaient des travaux les plus vils.

Parmi tous les travaux dont ils pouvaient s'acquitter, François recommanda surtout le soin des lépreux* On a vu le rôle important que ces malheureux avaient joué dans sa vie au moment de sa conversion, aussi garda- t-il toujours pour eux une pitié particulière qu'il chercha à faire partager à ses disciples.

Pendant quelques années les Frères Mineurs ont eo quelque sorte voyagé de léproserie en léproserie, prêchant le jour dans les villes et les villages, se retirant le soir dans ces sortes d'hôpitaux, où ils rendaient aux malades du bon Dieu les services les plus répugnants.

Les Grucigères qui dirigeaient la plupart des maladreries, étaient heureux de voir arriver des aides toujours bien disposés, et qui, bien loin de demander une rétribution quelconque , se contentaient de manger ce que les malades avaient laissé^.

En effet, quoique créés uniquement pour soigner les lépreux, les frères de cet Ordre perdaient quelquefois

1. Règle de 1221 chap. 7 : Omnes fratres, in quihuscumquelocis fuerint apud aliquos ad serviendum, vel ad làborandumf f^^ sint camerariif nec cellariif nec prassint in domibus eorum ^<' bus serviunt. Cf. 1 Gel. 38 et 40. A. SS. p. 606.

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