Son-Paolo, sur le Ghiasco, près de Bastia
qu*k la fin ils renoncèrent à l'emmener de vive force.
Elle n^était cependant pas au boul de ses Iribulations. Cette scène avait-elle effrayé les Bénédictines? Nous ne savons, mais moins de quinze jours après nous la retrouvons dans un autre couvent, celui de Sant-Ângelo in Panse à Assise^. Huit jours après Pâques, Agnès, sa sœur cadette, vint la rejoindre, décidée à servir elle aussi la pauvreté. François la tonsura. La fureur de leur père fut cette fois horrible. Avec une bande de parents il envahit le monastère; mais ni les injures, ni les coups ne vinrent à bout de cette enfant de quatorze ans. Malgré ses cris ils Ten traînaient. Elle sevanouit, et ce petit corps inanimé leur parut tout à coup si lourd qu'ils l'abandonnèrent au milieu des champs, pendant que des laboureurs regardaient avec grand' pitié cette triste scène, et que Glaire dont le cri à Dieu était exaucé, accourait au secours de sa sœur.
Leur séjour dans ce monastère fut de très courte durée. Il semble qu'il ne leur ait pas laissé un fort bon souvenir^. François savait qu'à ses deux amies plusieurs autres brûlaient de se joindre; aussi s'était-il mis à la
i. Aujourd'hui séminaire diocésain d'Assise tiSeminarium seraphicum. • C'est là qu'était au treizième siècle la porte nord de la ^ille. Les maisons qui vont de là jusqu'à la basilique forment la ville neuve, qui s'éleva rapidement pour relier la ville ancienne au Sacro- Gonvento.
2. Nam steteramus in alio loooy licet parum. Test. Clar, Il est vraiment étrange qu'il n'y ait pas là un mot pour la maison où se passèrent les premières journées de sa vie religieuse. Cf. Vit. n« 10. S. Angelua de ÎPanso.,, uhi cum non plene mena ejiM quiesceret.
recherche d'une retraite où elles pourraient aller vivre sous sa direction et pratiquer en toute liberté la règle évangélique.
Ses recherches ne Turent pas longues ; les Bénédictins du mont Subasio saisissaient toutes les occasions possibles pour se rendre populaires. Ils appartenaient à cette congrégation des Gamaldules que les populations semblent avoir particulièrement détestés, et dont plusieurs couvents venaient d*ètre pillés^. L*abbaye ne comptait plus que huit moines, qui tâchaient de sauver quelques épaves de leurs richesses et de leurs privilèges par des sacriQces partiels; le 22 avril 1212 ils avaient donné à la commune d'Assise- un monument encore debout aujourd'hui, le temple de Minerve, pour servir de maison commune^.
François, qui leur devait déjà la Portioncule, s'adressa à eux derechef. Heureux de cette nouvelle occasion de rendre service à celui qui incarnait les revendications populaires, ils lui donnèrent la chapelle Saint-Damien; peut-être étaient-ils bien aises, en favorisant l'Ordre nouveau, de contrarier l'évêque GuiJo dont ils avaient à se plaindre^. Quoi qu'il en soit, c'est dans cet ermitage si bien préparé pour la prière et le recueillement que François installa bientôt ses filles spiri-
i. Mittarelli. Annales Camaldulenses (Venise 1755—1773, 9 vol. in f^) t. IV, app. 431 et 435, Cf. 156.
2. L'acte de donation est encore aux archives d'Assise. Oa en trouvera une analyse dans Gristofani 1. 1, p. 133. Leurs muniOcences demeurèrent sans résultat : la bulle Ab Ecclesia du 27 juillet i^i montre qu'ils furent supprimés moins de vingt ans après, Sbjralea, 1. 1, p. 81. Potthast 8984. Cf. Ibid. p. 195, note c, et 340 note a, et les buUes qu'il y indique.