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3. La bulle Lî tierce tuœ du 27 août 1218 nous le montre déjà occupé à favoriser les Glarisses. Sbaralea I, p^ 1. Y. 3 Soc. 61. Offero me ipsum, dixit Hugoliniu, vobis, auxilium et consiliumj atque protectionem paratus impendere,
4. Il y a dans les Conformités 107 a 2 , un curieux récit qui montre Hugolin venant aux Carceri trouver François, et lui demander s'il doit entrer dans son Ordre. Cf. Spec, 217.
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Glarisses, prendre en maio leur direction, leur donner I une règle, et substituer ses idées à celles de saint François^.
Dans le privilège qu'il donna comme légat le 27 juillet 1219 en faveur de Monticelli, ni Glaire ni François ne sont nommés, et les Damianites deviennent comme une congrégation de Bénédictines 2.
On verra plus loin le courroux de François contre I frère Philippe, zélateur des Pauvres Dames, qui avait accepté ce privilège en son absence. Son attitude fut si ferme que les autres documents du même genre, octroyés par Hugolin à la même époque, ne furent visés par le pape que trois ans plus tard.
L'ardeur du cardinal à profiter de l'enthousiasme ; .qu'excitaient partout les idées franciscaines était si grande qu'on retrouve, dans les registres de sa légation de 1221, une sorte de formule toute préparée pour les gens qui voudraient fonder des couvents à l'instar de ceux des Sœurs de Saint-Damien; mais là aussi on chercherait en vain le nom de François ou de Claire *.
Cependant ce vieillard avait pour la jeune abbesse une véritable passion mystique; il lui écrivait, et se
d. Il y réussit si bien que Thomas de Gelano lui-même semble oublier que, tout au moins à Saint-Damien, les Glarisses suivaient la Règle donnée par saint François lui-même : Ipsorum vita mirifica et institutio gloriosa a domino Papa Gregorio, tune Hostiefui episcopo, 1 Gel. âO. Gf. Honorii Opéra, éd. Horoy, t. III, col. 363; t. IV, col. 218; Potthast 6179 et 6879 ss.
2. Ge privilège est inséré dans la buUe SacroMncta du 9 déc. 1219. Honorii opéra, t. III, col. 363 ss.
3. G. Levi. Regiatri dei Cardinali, n» 125. V. Intr. p. XCI. Gf. Gampi, Hist. eccl, di Piacenza II, 390.
désolait d'être loin d'elle, en des phrases qui soot des cris d*amour, de respect et d'admiration^.
C'est qu'il y avait au moins deux hommes en Hugolin: le chrétien, qui devant Claire et François se sentait / subjugué; le prélat, c'est-à-dire un homme auquel la gloire de l'Église faisait parfois oublier la gloire de Dieu. François, tout en lui résistant presque toujours, semble avoir gardé jusqu'à la fin vis-à-vis de lui des sentiments de naïve reconnaissance. Claire, au contraire, eut trop longtemps à lutter pour conserver ses illusions sur l'attitude de son protecteur. A partir de 1230, on ne trouve plus aucune trace de relations entre eux.
Tous les efforts du pape pour mitiger le vœu de pauvreté de Claire étaient restés vains. Bien d'autres religieuses voulurent pratiquer strictement la Règle de saint François, entre autres la fille du roi de Bohème, Ottokar P% qui était en relations suivies avec Claire. Mais Grégoire IX, auquel elle s'était adressée, fut inflexible. Tout en la comblant d'éloges, il lui enjoignit de suivre la règle qu'il lui transmettait^ c'est-à-dire celle qu'il avait composée étant cardinal. Celle du Poverello était mise au rang des utopies, pour ne pas dire des hérésies ^.
1. Voir par exemple la lettre donnée par Wadding : Annales II, p. 16 (éd. Rome 1732). Tanta me amaritudo cordis, abundantia Uterymarum et immanitas doloris invasit , quod nisi ad pedes Jesu, conaolationem solitœ pietatia invenirem, spiritus meus forte deficeret et penitus anima liquefieret. Le texte de Wadding est à corriger par celui du manuscrit Riccardi 279, foSOaetb. Cf. Marc de Lisbonne, t. I, p. 185; Sbaralea I, p. 37.
2. Bulle Ângelia gaudium du 11 mai 1233 ; elle se trouve dans Sbaralea I. p. 242. Cf. Palacky Literarische Reise naeh Italien, Prague 1838, in-4<», n» 147. — Pottbast 10696. Cf 11175.
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Jamais cependant il ne put amener sainte Glaire k se soumettre complètement. Un jour même, elle se révolta contre ses ordres, et ce fut le pape qui dut céder : il avait voulu établir une séparation plus grande que par le passé entre les Frères et les Sœurs; une certaine familiarité avait continué, longtemps après la mort de François, entre Saint-Damien et la Portioncule; Glaire aimait beaucoup ces rapports de bon voisinage, et souvent priait quelque frère de venir prêcher. Le pape trouvait cela mauvais et défendit sous des peines sévères aux religieux de la Portioncule d'aller à Saint-Damîen, sans une permission expresse du Saint-Siège.
Gette fois Glaire se fâcha. Elle alla vers les quelques frères attachés à son monastère, et les remerciant de leurs services : <i Allez, dit-elle, puisqu'on nous prive de ceux qui nous dispensaient le pain spirituel, nous ne voulons plus de ceux qui nous procurent le pain matériel. j>
Gelui qui écrivait que ce la nitque des rois et des princes s'incline aux pieds des prêtres i> dut s'incliner devant cette femme et lever ses défenses ^.
Saint-Damien avait trop souvent résonné des chants d*amour et de liberté de saint François, pour Toublier si vite et devenir un couvent ordinaire. Glaire resta entourée des premiers compagnons du maître : Égide, Léon, Ange, Junipère ne cessèrent d'être ses hôtes assidus. Là, ces vrais amants de la pauvreté se sentaient chez eux et prenaient des libertés qui ailleurs auraient surpris. Un jour un frère anglais, célèbre théologien, vint, sur Tordre du ministre, prêcher à Saint-Damien.