A. SS. Vit. Clar^ p. 762 Cf. Conform. 84b
Tout à coup Égide, quoique simple laïque, Tinterrompt: d AUoDS, frère, laisse-moi parler, lui dit-il. ]> Et le maître en théologie, inclinant la tête, ramena sa capuce en signe d'obéissance et s'assit pour écouter Égide.
Claire en eut une grande joie; il lui avait semblé qu'elle revivait aux jours de saint François^. Ce petit cénacle se maintint jusqu'à sa mort: elle expira entre les bras des frères Léon, Ange et Junipère. Au milieu des souffrances et des visions de l'agonie, elle eut ce suprême bonheur d'être entourée de ceux qui avaient voué leur vie au même idéal qu'elle^.
Dans son testament, sa vie apparaît ce que nous l'avons vue, un combat quotidien pour la défense de ridée franciscaine. On voit combien courageuse et hardie avait été celle qu'on représente d'habitude frêle, émaciée, anonyme, comme une fleur de cloître*.
Elle n'avait pas seulement défendu François contre les autres, elle l'avait défendu contre lui-m^me. A ces heures sombres du découragement, qui troublent souvent si profondément les plus belles âmes, et stérilisent les plus grands efforts, elle se trouva à côté de lui, pour lui montrer la voie. Quand il douta de sa mission et songea, à s'envoler vers les cimes où l'on prie seul, et où l'on se repose, c'est elle qui à son tour lui montra la moisson qui jaunit sans qu'il y ait des mois-
4. A. SS. Aprilis t. III, p. 239 a; Conform. 54 a 1 ; 477 a 2.