‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 166 sur 257 · Gel. 3, 85 ; Bon · texte numérisé non relu

Gel. 3, 85 ; Bon

N'ayant pu atteindre les Infidèles en Syrie, il résolut d'aller les trouver au Maroc : quelque temps auparavant (juillet 1212) les troupes des Almohades avaient essuyé dans les plaines de Tolosa une défaite irréparable; battu par la coalition des rois d'Aragon, de Navarre et de Castille, Mohammed-el-Naser était retourné mourir à Maroc. François trouvait que cette victoire par les armes ne serait rien si elle n'était suivie d'une pacifique victoire de l'esprit évangélique.

Il était si plein de son projet, si pressé d'arriver au but de son voyage, que bien souvent il oubliait son compagnon, et hâtant le pas, le devançait beaucoup. Les biographes sont malheureusement fort laconiques sur cette expédition, ils disent seulement qu'arrivé en Espagne il y fut assez gravement malade, pour que le retour s'imposât. A part quelques légendes locales d'assez mauvais aloi, nous ne possédons plus aucun renseignement sur les travaux du Saint dans ce pays^ ni sur la route qu'il parcourut soit à l'aller, soit au retour^.

Ce silence n'a rien d'étonnant et ne doit pas faire illusion sur l'importance de cette mission. Celle d'Egypte qui eut lieu six ans plus tard, avec tout un cortège de frères, et à UD moment où l'Ordre était bien plus développé, n'est mentionnée qu'en quelques lignes par Thomas de Celano ; sans la découverte récente de la chronique de frère Jourdain de Giano. et les longs détails donnés par Jacques de Vitry, nous en serions réduits, sur elle aussi, à des conjectures. Les légendes espagnoles, dont il vient d'être question, peuvent donc n'être pas tout à fait sans

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