Eccl., Ue, cit. ; Jord., loc. cit
séparée de celle de pénalité, la souffrance était une expiation ou une épreuve, et la douleur ainsi envisagée perd son aiguillon; la lumière et l'espérance la pénètrent.
François puisait une partie de sa joie dans la communion. Il avait pour le sacrement de l'eucharistie ce culte tout imprégné d'effusions indicibles, de larmes joyeuses, qui a aidé quelques-unes des plus belles âmes de l'humanité à supporter la fatigue et la chaleur du jour^. La lettre du dogme n'était pas arrêtée au treizième siècle comme aujourd'hui ; mais ce qu'il y a de beau, de vrai, de puissant, d'éternel dans le repas mystique institué par Jésus, était alors vivant dans tous les cœurs.
L'eucharistie fut vraiment le viatique des âmes. Gomme autrefois les pèlerins d^Ëmmaûs, aux heures où les ombres du soir descendent, où les tristesses vagues envahissent l'âme, où les fantômes de la nuit s^éveillent et semblent se dresser derrière chacune de nos pensées, nos pères voyaient le divin et mystérieux compagnon venir à eux ; ils buvaient ses paroles, sentaient la force descendre dans leur cœur, tout leur être intérieur se réchauffer, et ils murmuraient de nouveau : « Restez avec nous. Seigneur, car le soir approche et le jour est sur son déclin. »
Souvent ils furent exaucés.