‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 183 sur 257 · Chapitre général de · texte numérisé non relu

Chapitre général de

 partir de la Pentecôte de i2i7, les indications chronologiques sur la vie de François sont assez nombreuses pour rendre les erreurs presque impossibles.

1. On fixe d^ordinaire soit à 1217 soit à 1219 le commencement des grandes missions et Tinstitution des ministres provinciaux, mais ces dates présentent toutes deux de grosses difficultés. J'avoue ne rien comprendre à la violence avec laquelle les partisans de Tune et de l'autre défendent leur opinion. Le texte le plus important est nn passage des 3 Soc. 62 : Expletia i toque undecim annis db ineeptione religioniSf et multiplxcatis nume)^ et merito fratribus, electi fuerunt ministriy et missi cum aliquot fratribus quasi per universas mundi provincias in quibus fides eatholica colitur et servatur. Que désigne ce terme : inceptio religionis f au premier abord on y voit sans hésiter la fondation de l'ordre, qui eut lieu en avril 1209, par la réception des premiers frères ; mais en ajoutant onze années complètes à cette date, on tombe à Tété de 1220. Celle-ci est manifestement trop tardive, car les 3 Soc. disent que les frères partis furent persécutés dans la plupart des contrées d'outre-monts , comme n'ayant aucune lettre pontificale pour lès accréditer : or la bulle Cum dilecti porte la date du 11 juin 1219. On est ainsi amené à penser que les onze années ne doivent pas être comptées de la réception des premiers frères, mais de la conversion de François, que les auteurs ont bien pu qualifier de incep^ tio religionis, en employant peut-être un peu improprement ces mots , or 1206 -H 11 = 1217. L'emploi de cette expression pour désigner la conversion n'est pas tout k fait sans exemple : Glassberger dit {An. fr., p. 9) : Ordinem minorum incepit anno 1206. Ceux qui admettent 1219, sont obligés (comme les Bollandistes par exemple) d'attribuer au texte des 3 Soc. une inexactitude, celle

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Il n'en est malheareosement pas de même pour les dix-huit mois qui précèdent (automne 1215 — Pentecôte 1217). Pour cette période on en est réduit à des hypothèses ou peu s*en font.

Comme François n'entreprit alors aucune mission à Fétranger, il employa sans doute ce temps à évangéliser ritalie centrale et k consolider les bases de son

d'avoir compté ooze années écoulées, là où il s'agissait senlement de dix. Il est à noter que dans les deax autres indications chronologiques données par les 3 Soc. (27 et 62), ils comptent à partir de ]a conversion, c'est-i-dire 1206, ainsi que Thomas de Celano: 88, 105, 119, 97, 88, 57, 55, 21. Chose curieuse, les Conformités reproduisent le passage des 3 Soc. (118b 1), mais avec le changement: Nono anno ab inceptione religionis, Jourdain de Giano ouvre la porte i bien des scrupules : Anno vero Domini 1219 et anno conversionis eju9 decimo frater Franciscus • . . misit fratres in Franeiam, inTheutoniam^ \nHungariam,inHi8paniamf Jord.3. Comme un peu plus loin le même auteur fait avec raison concorder 1219 avec la seizième année de la conversion de Frsuiçois, tout le monde s'accorde à reconnaître que le passage cité a besoin d'une coiTection ; nous n'avons malheureusement qu'un seul manuscrit de cette chronique. Glassberger, qui en avait sans doute un autre sous les yeux, substitue 1217, mais il a pu tirer cette date de quelque autre document. Il est à noter que frère Jourdain donne comme simultané le départ des frères pour l'Allemagne, la Hongrie et la France ; or, pour ce dernier pays, il eut certainement lieu en 1217. De môme le Spéculum 44 a.

La Chronique des XXIV généraux et Marc de Lisbonne (éd. Diola, 1. 1, p. 82) tiennent aussi pour 1217, si bien que sans être définitivement établie , cette date paraît cependant devoir être acceptée jusqu^à nouvel ordre. Partis de prémisses un peu différentes, les savants éditeurs des Analecta arrivent à la même conclusion (t. II, p. XXV-XXXVI). Cf. Evers, Analecta ad Fr. Minorum historiam. Leipzig 1882, in-4<», p. 7 et 11. Ce qui me paraît faire nettement pencher la balance en faveur de 1217, c'est le fait que les frères en mission ont été persécutés parce qu'ils n'avaient aucune pièce de légitimation , or en 1219 ils auraient eu la bulle Cum dilecti du 11 juin de cette année. Les BoUandistes qui tiennent pour 1219 ont si bien vu l'argument qu'ils ont dû nier l'authenticité de la bulle (ou tout au moins la supposer mal datée). A. SS., p. 839.

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institution. Sa présence à Rome, pendant le concile de Latran (11-30 novembre 1215), est possible, mais n'a laissé aucune trace dans les biographies primitives. Le concile s'occupa certainement de l'Ordre nouveau^, mais ce fut pour lui renouveler l'invitation déjà faite par le souverain pontife, cinq ans auparavant, de choisir une des règles déjà approuvées par l'Église 2. Saint Dominique qui était alors à Rome, pour solliciter la confirmation de son institut, reçut le même avis, et s'y conforma aussitôt. Le Saint-Siège aurait volontiers concédé aux Frères Mineurs des constitutions ' particulières, s'ils avaient adopté comme base la règle de saint Benoit: c'est ainsi que les Glarisses, sauf celles de Saint-Damien, tout en conservant leur nom et un certain nombre de leurs coutumes, durent professer la règle bénédictine.

Malgré toutes les sollicitations, François s'obstina à garder sa Règle. On est tenté de croire que c'est pour conférer de ces questions, qu'il se trouvait à Pérouse, en juillet 1216, lorsque mourut Innocent IIP.

1. V. Â. SS. p. 604. Cf. Ângelo Glareno, Trihul. Arehiv I, p. 559. A papa Innoeentio fuit omnibus annuntiatum in concilio gene^ rali...*y sicut sanctus vir fr.Leo scrihit et fr, Johannes de Celano. Ces lignes n'ont peut-être pas la portée qu'on serait tenté de leur attribuer à première vue, leur auteur ayant pu confondre conailium et consistorium. Le Spéculum 20b dit: Eam {Régulant InnO' centius) approbavit et eoneessit et jpostea in consistorio omnibus annuntiavit.

2. Ne nimia Religionum diversitas gravem in Ecclesia Dei confusionem inducat, firmiter prohibemus, ne quis de cœtero novam Religionem inveniat : sed quicumquevoluerit ad Religionem converti f unam de approbatis assumât. Labbé et Gossart: Sacrosancta concilia. Paris 1672. T. XI, col. 165.

3. Ecd. 15 {An, franc, t. I, p. ^3,): Innocentium in cujus obitu fuit presentialiter S. Franciscus.

Quoi qu'il eu soît, vers celte époque les chapitres prirent une grande importance. L'Église qui avait assisté avec des sentiments assez mélangés à la fondation de l'Ordre, ne pouvait plus se contenter d'être le simple spectateur d'un si profond mouvement; il fallait l'utiliser.

Hugolin était merveilleusement préparé pour cette besogne: Jean de Saint-Paul, évêque de la Sabine, chargé par Innocent III de s'occuper des Frères» étant mort en i2i6, il n'hésita pas à offrir sa protection à François qui accepta avec reconnaissance. Cette offre extraordinaire est longuement racontée par les Trois Compagnons^. Il faut sans doute la fixer à l'été de 1216^, immédiatement après la mort de Jean de Saint- Paul.

Il est bien possible que le 29 mai 1216, ait eu lieu le premier chapitre tenu en présence de ce cardinal. Par une erreur fort commune en histoire, la plupart des auteurs franciscains ont reporté à une seule

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