‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 184 sur 257 · Soc. 61 ; Cf. An. Pems. A. SS. p. 606 s · texte numérisé non relu

Soc. 61 ; Cf. An. Pems. A. SS. p. 606 s

2. Thomas de Gelano' doit faire erreur lorsqu'il déclare qae François ne connaissait pas le cardinal Hugolin avant la visite qa'il lui fit à Florence (été de 1217) : Nondum alter alteri erat prœcipua familiaritate copjunctus (1 Gel. 74 et 75). Le biographe franciscain n'avait pas un but historique; les indications chronologiqaes sont données par surcroît; ce qu'il recherche c'est Vaptajunetura, La tradition a conservé le souvenir d'un chapitre tenu à la Portioncule, en présence d'Hugolln, pendant un séjour de la curie à Pérouse (Spec. 137b; Fior. 18; Coii/bnn. 207a; 3 Soc. 61). Or la curie n'est plus revenue à Pérouse entre 1216 et la mort de François. 11 faut noter aussi que d'après Angelo Glareno, Hugolin aurait été dès 1210 à côté de saint François, pour l'appuyer auprès d'Innocent IlL V. plus haut p. GVJ. Enfin la bulle Sacrosanctaj da 9 déc. 1219, témoigne que déjà durant sa légation de Florence (1217) Hugolin s'occupait activement des Glarisses.

GHAPITAE GÉNÉRAL DE 1217 229

date tous les traits épars coDceraant les premières assises solennelles de TOrdre^ et Ton a appelé cette assemblée-type Chapitre des nattes. En réalité, peudant de longues années, toutes les réunions des Frères Mineurs méritèrent ce nom ^.

Se rassemblant au moment des plus fortes chaleurs, ils couchaient à la belle étoile ou s'abritaient dans des huttes de roseaux ; ne les plaignons pas : rien n'égale la glorieuse transparence des nuits d'été en Ombrie; parfois en Provence on peut en savourer un avant-goût, mais si aux Baux, sur le rocher des Doms ou à la Sainte-Baume, le spectacle est aussi solennel et grandiose, il lui manque une douceur caressante, des effluves de vie qui là-bas lui donnent un charme ensorcelant.

Les habitants des villages et des bourgs des environs venaient en foule à ces reodez-vous, à la fois pour voir les cérémonies, assister à la prise d'habit de leurs parents ou de leurs amis, écouter les appels du Saint, et fournir aux Frères toutes les provisions dont ils pouvaient avoir besoin.

Tout cela n'est pas sans quelque analogie avec les camp meeting si chers aux Américains : quant aux chiffres de quelques milliers d'assistants, donnés dans les légendes et qui ont fourni, même à un Franciscain, le P. Papini, l'occasion de plaisanteries d'un goût douteux, il n'est peut-être pas aussi étonnant qu'on pourrait le croire 2.

1. Voir par exemple la description du Chapitre de 1221 par frère Jourdain. Jord. 16.

2. A ] repos du chiffre de 5000 assistants donné par Bonaventure (Bon. 52), le P. Papini s*écrie : lo non credo stato capace alcuno di dare ad intendere al S. Dcttore simil fanfaluca, ne capace

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Ces premières réuaions, où accouraient tous les frères et qui avaient lieu en plein vent, en présence de foula venues de fortloin^ n'avaient donc rien de comoiun avec les chapitres généraux postérieurs, véritables conclaveâ où se rendaient un petit nombre de manda taires» et dool la plupart des travaux, tenus secrets, ne concernaieDi que les affaires de TOrdre.

Du vivant de François le but de ces assemblées était essentiellement religieux. On s'y rendait non pour parler affaires, ou procéder à la nomination du ministre général, mais pour se. fortifier dans la communion des joies^ des exemples et des douleurs des autres frères ^

Les quatre années' qui suivent la Pentecôte de 1216, forment une étape dans l'évolution du mouvement ombrien : celle durant laquelle François lutta pour l'autonomie. Il y a ici des nuances passablement délicates, qui ont été méconnues par les écrivains ecclésiastique aussi bien que par leurs adversaires, car si François tenait à ne pas se poser en révolté, il ne voulait pas compromettre son indépendance et sentait, avec une •divination exquise, que tous les privilèges dont la cour 'de Rome pourrait le combler ne valaient pas la liberté.

tut di crederla. . . . In somma il numéro quinque millia et ultra non è del Santo^ incapace di scrivere una cosa tanto improbabilc e relativamente impossibile. Storia di S. Fr, I, p. 181 et 183. Ce chiffre de cinq mille se trouve indiqué aussi par Ëccl. 6. Tout celi s'explique et devient possible, en admettant la présence des Frères de la Pénitence, et U semble bien difficile de la contester puisque dans rOrdre des Humiliés qui ressemblait beaucoup à celui des Frères Mineurs (composé également de trois rameaux, approuvé par trois bulles données dès juin 1201), les chapitres généraux tenus annuellement étaient fréquentés par les frères des trois Ordres. Tiraboschi t. II, p. 144. Cf. ci-dessus p. 181.

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