‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 185 sur 257 · CHAPITRE GÉNÉRAL DE · texte numérisé non relu

CHAPITRE GÉNÉRAL DE

Hélas, il dut bientôt se résigner à ces liens dorés, ontre lesquels il ne cessa pourtant de protester jusqu'à oa dernier souffle^ ; mais on se condamnerait à ne rien omprendre à son œuvre, si on fermait les yeux à la ioleoce morale que lui fit en cela la papauté.

Ua coup d'oeil jeté sur le recueil des bulles adressées lUK Franciscains, sufiSt à montrer avec quelle ardeur il atta contre les faveurs si avidement recherchées d'orlinairé par les ordres monastiques ^.

Une foule de traits de la légende mettent ce dédain ie François pour les privilèges en pleine lumière* Ses intimes eux-mêmes ne comprenaient pas toujours ses scrupules :

4i^Ne vois-tu pas^ lui dirent- ils. un jour, que souvent les évêques ne nous permettent pas de prêcher, et nous font rester plusieurs jours sans rien faire, avant que nous

1. Prœcipio firmiter per obedientiam fratribus universis quod uhicunque sunt^ non audeant petere aliquam litteram in Curia Romana. Test, B. Fr.

2. La comparaison avec le BuUaire des Frères Prêcheurs est surtout instructive: lors de leur premier Chapitre à N. D. de Prouille en 1216 ils sont une quinzaine; il n*y a donc là, à ce moment, absolument rjen qui puisse être comparé au mouvement franciscain qui agitait déjà Tltalie presque entière. Or, tandis que la première bulle en faveur des Franciscains porte la date du 11 juin 1219, et Tapprobation proprement dite ceUe du 29 nov. 1223, on voit Uonorius III dès la fin de 1216 prodiguer aux Dominicains les marques de son affection : 22 déc. 1216 Religiosam vitam, CL Pressuti 7 re^6«h', del Pontefice Onorio III, Roma 1884. t. I, n^ 175 ; même date : Nos attendentes ibid. n» 176; 21 janvier 1217, gratiarum omnium ibid, n» 243. V. 284, 1039, 1156. 1208. Il est inutile de continuer cette énumération. On pourrait en faire d*à peu près semblables pour les autres ordres; d'où la conclusion, que si les Frères Mineurs sont seuls oubliés dans cette pluie de faveurs, c'est qu'ils Font bien voulu. Il est vrai que, sitôt après la mort de François, ils rattrapèrent le temps perdu.

puissions annoncer la parole de Dieu. Il vaudrait mieni obtenir dans ce but un privilège du pape, et ce serai: pour le bien des âmes. »

«C'est par Thumilité et le respect, leur répondit-il vivement, que je veux convertir d'abord les prélats, cat lorsqu'ils nous auront vus humbles et respectueux à leur égard, ce sont eux qui nous prieront de prêcher et de convertir le peuple.... Quant à moi je ne demande à Dieu aucun privilège, sinon celui de ne point en avoir; d'être plein de respect pour tous les hommes, et de les convertir, comme le veut notre Règle, plus par nos exemples que par nos discours^. »

La question de savoir si François avait tort ou raison dans son antipathie pour les privilèges de la curie, n'est pas du domaine de l'histoire ; il est évident que cette attitude ne pouvait se prolonger : l'Église ne connaît que des fidèles ou des révoltés. Mais c'est souvent à des compromis de ce genre que s'arrêtent les plus nobles cœurs ; ils voudraient que ravenir sortit du passé sans secousses et sans crise.

Le chapitre de 1217 fut marqué par l'organisation définitive des missions franciscaines : l'Italie et les autres contrées à évaogéliser furent divisées en un certain nombre de provinces ayant chacune son ministre provincial. Dès les premiers jours de son avènement (18 juillet 1216), Honorius III avait cherché à ranimer le zèle populaire pour la croisade. II ne se contentait pas de la prêcher, il en appelait à des prophéties assurant que sous son pontificat la Terre-Sainte serait

1. L'authenticité de ce passage est mise hors de doute par la citalion qu'en fait Ubertin de Casai, Archiv, III, p. 53. Cf. Spec. 30 a, Conform, 111 b 1; 118 bl ; Ubertin, Arhor vitœ crue, III, 3.

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