‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 193 sur 257 · V. A. SS., p. 855 et 856. Cf. 2 Ccl · texte numérisé non relu

V. A. SS., p. 855 et 856. Cf. 2 Ccl

GUAPITRE GÉNÉRAL DE 1217 241

fréquents qu'on ne se rimagine d'ordinaire. Il ne faut pas que les récits des biographes nous fassent illusion à cet égard : c*est une tendance naturelle que celle de rapporter à trois ou quatre dates particulièrement frappantes tout ce que nous savons d'un homme. Nous oublions des années entières de la vie de ceux que nous avons le mieux connus et le plus aimés, pour grouper DOS souvenirs autour de quelques faits saillants, qui brillent avec d'autant plus d*éclat que l'obscurité se fait plus complète autour d'eux. Les paroles de Jésus prononcées dans cent occasions différentes ont fini par' se rejoindre pour former un seul discours, le sermon sur la montagne. C'est alors que la critique a besoin d'être délicate, de mêler à la grosse artillerie des arguments scientifiques, un peu de divination.

Les textes sont sacrés, mais il ne faut pas en faire des fétiches ; personne aujourd'hui , malgré saint Matthieu, ne songe à représenter Jésus prononçant tout d'une haleine le sermon sur la montagne. De même, dans les narrations qui nous sont faites des relations de saint François et d'HugoIin, on se trouve à chaque instant enfermé dans des impasses, buté à des indications contradictoires, si on veut les faire tenir en deux ou trois rencontres, comme on en est tenté au premier abord.

Avec une simple mise au point, ces difficultés disparaissent, et l'on voit chacune des narrations diverses nous apporter des lambeaux qui, en se rejoignant, fournissent un récit organique, vivant, psychologiquement vrai.

A partir du moment où nous sommes arrivés, il faut faire à Hugolin une place encore plus grande que par le passé: la lutte s'ouvre définitivement entre l'idéal

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franciscaia, chimérique peut-être, mais sublime, et la politique ecclésiastique, jusqu'au jour où moitié par humilité, moitié par découragemeut, François, la mort daus l'âme, abdiquera la direction de sa famille spirituelle.

Hugolin revint à Rome à la fin de 1217. Durant rhiver qui suit, on trouve son contre-seing au bas des bulles les plus importantes ^ ; il consacra ce temps à étudier surtout la question des ordres nouveaux, et manda François auprès de lui. On a vu avec quelle franchise il lui avait déclaré, à Florence que beaucoup de prélats feraient tout pour lui nuire auprès du pape-; il est évident que le succès de l'Ordre, ses allures qui malgré toutes les protestations contraires faisaient songer à l'hérésie, l'indépendance de François qui, sans s'occuper de faire confirmer l'autorisation verbale et toute provisoire accordée par Innocent III, dispersait ses frères aux quatre coins du monde, tout cela devait effrayer le clergé.

Hugolin, qui connaissait mieux que personne l'Ombrie, la Toscane, l'Emilie, la Marche d'Ancône, toutes ces contrées ou la prédication franciscaine avait eu ses plus beaux succès, avait pu se rendre compte par luimême de la puissance du mouvement nouveau et de l'impérieuse nécessité de le diriger: il sentait que le meilleur moyen de faire tomber les préventions que le

1. Entre autres celles du 5 déc. 1217. Potthast 5629; 8 février, 30 mars, 7 avril 1218. Potthast 5695, 5739, 5747.

2. 1 Gel. 74 : 0 quanti maxime in principio cum hœc agermtur novellœ plantationi ordinis insidiabantur ut perderent. Cf. 2 Gel. 1 , 16 : Videbat Frandscus luporum more sevire ^uompUires.

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