CHAPITRE GÉNÉRAL DE
ainsi rejaillir sur eux un peu de la popularité des Frères Mineurs ; laisser à ces derniers leur nom, leur habit et même leur semblant de Règle, mais en la complétant par celle de saint Augustin, était un projet qui devait singulièrement plaire à Hugolin, et qui avec l'humilité de François pouvait avoir quelques chances de succès. Un jour, Dominique, à force de pieuse insistance avait déterminé François à lui donner sa corde et s'en était ceint aussitôt: «Frère, ajouta-t-il, je souhaiterais vivement que ton ordre et le mien s'unissent pour ne former dans TÉglise qu'un seul et même institut^. :d Mais le Frère Mineur voulait rester ce qu'il était, et déclina cette proposition ; il était si bien inspiré des besoins de son siècle et de l'Église que, moins de trois ans après, Dominique était amené par un courant irrésistible à transformer son ordre de chanoines de saint Augustin en un ordre de moines mendiants, dont les constitutions furent calquées sur celles des Franciscains ^.
1. 2 Gel. 3, 87. Le sens littéral de la phrase est un peu ambigu. Voici le texte: Vellem, f rater Francisée, unam fieri religionem tuam et meam et in Ecclesia pari forma nos vivere ; Spec. 27 b; récho de cette démarche se retrouve dans Thierry d'Apolda, Vie de S. Dominique (A. SS. Augusti, t. I, p. 572 d) : S. Dominicus in oscula sancta ruens et sinceros amplexus^ dixit : Tu es socius meus y tu curres pariter mecum, stemus simul, nullus adversarius prcBvalébit. Bernard de Besse dit : B, Dominicus tanta B. Francisco devotione cohesit ut optatam ab eo cordam suh inferiori tunica devotissime cingeret, cujus et suam Religionem unam velle fieri diceret, ipsumque pro sanctitatecœteris sequendum religiosis assereret. Man. de Turin 102 b.
2. Au chapitre tenu à Bologne à la Pentecôte de 1220. La bulle Religiosam vitam (Privilège de N. D. de Prouille) du 30 mars 1218 énumère les possessions des Dominicains: RipoUi BulU Prœd, 1. 1, p. 6. Horoy, Honorii opéra, t. II, col. 684.
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Quelques années plus tard, les Dominicains prirent pour ainsi dire leur revanche et obligèrent les Frères Mineurs à faire dans leurs travaux une large part à la science. C'est ainsi qu'à peine adolescentes, les deux familles religieuses rivalisaient, se pénétraient, influaient l'une sur l'autre, jamais cependant assez pour perdre toute trace de leur origine, résumée pour 1 une dans la pauvreté et dans la prédication laïque, pour l'autre dans la science et dans la prédicatidki cléricale.