‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 196 sur 257 · CHAPITRE XIII Saint Dominique et saint François · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII Saint Dominique et saint François

Mission d*Égypte.

(Été 1218 — autoome 1220.)

Uart et la poésie oot eu raisoa d'associer inséparablement saint Dominique et saint François : la gloire du premier n est qu'un reflet de celle du second, et c*est en les rapprochaàt qu'on arrive le mieux à caractériser le génie du Poverello.

Si François est l'homme de l'inspiration^ Dominique est celui de Tobéissance au mot d'ordre , et l'on peut dire que sa vie se passa sur les chemins de Rome où il allait sans cesse demander des instructions.

Aussi sa légende fut-elle bien lente à se former, quoique rien ne l'empêchât de s'épanouir librement ; mais ni le zèle de Grégoire IX pour sa mémoire/ ni la science de ses disciples n'ont pu faire pour le Marteau des hérétiques^ ce que l'amour des peuples avait fait pour le Père des pauvres. Sa légende a les deux défauts qui lassent si rapidement les lecteurs des écrits hagiographiqueSy quand il s'agit de saints dont l'Église a

imposé le culte ^ : elle est encombrée d'un surDalurel de mauvais aloi, et de traits empruotés à tort et à travers aux légendes antérieures. Le peuple italien, qui avait salué en François l'ange de toutes ses espérances, et qui se montrait si avide de reliques, ne songea même pas à relever le cadavre du fondateur de TOrdre des Frères Prêcheurs, et le laissa attendre douze ans les gloires de la canonisation 2.

On a vu plus haut les tentatives du cardinal Hugolin pour réunir les deux ordres, et les raisons qu'il avait pour cela. Il se rendit au chapitre général de la Pentecôte, réuni à la Portioncule (â juin 12f8), auquel saint Dominique vint assister aussi avec quelques-uns des siens. Le cérémonial de ces solennités semble avoir été à peu près toujours le même depuis 1216: les Frères Mineurs se rendaient processionnellement à la rencontre du cardinal, qui descendait aussitôt de sa monture et leur prodiguait toutes les marques de son affection. Un autel était dressé en pleiù air, auquel il chantait la messe, et François remplissait les fonctions de diacre ^.

1. Une preuve de l'obscurité dans laquelle resta Dominique, tant que Rome n*eut pas fait son apothéose, c'est que Jacques de Vitry qui consacre aux Frères Prêcheurs tout un chapitre de son Historia Oceidentalis (27, p. 3.33) ne nomme môme pas le fondateur. Ceci est d'autant plus significatif qu'à quelques pages de distance, le chapitre consacré aux Frères Mineurs est presque entièrement rempli par la personne de saint François ; aussi ce silence sur saint Dominique a-t-il été remarqué et relevé par Moschus, qui n'a pas trouvé de moyen pour l'expliquer. V. Vitam J. de Vitriœo, en tête de l'édition de Douai 1597.

2. François mort en 1226 est canonisé en 1228; Antoine de Padoue, 1231 et 1233 ; Elisabeth de Thuringe, 1231 et 1235; Dominique, 1221 et 1234.

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